PROLOGUE DU TRANSLATEUR A MADAME LA PRINCESSE DE NAVARRE

 

Nature saige, mère de sympathie;
Par faictz contraires ce rend anthipathie,
Aiant trouvé l'âme par sa concorde
Et la destruyre après par sa discorde.
Comme il me semble chose bien nécessaire
D'escripre ung peu si se profond mistère,
Mesmes les choses passant l'engin humain
le n'ay traduict ces deux livres en vain,
Mais pour monstrer à gens laborieux
Que aux bones lètres se rendent studieux
Des secretz puissent scavoir l'utilité
Qu'à plusieurs notes comprinse est vérité,
Que quand le docte aura veu mon prologue,
Mesmes des cas secretz faiot philologue
Ont se pourroit quelque peu merveilher
Comme nature advoit peu travailher
Cas diférentz surpassant sens humain
Que Epaphus mit exact de sa main
Aiant de Memphys trouvés les carathères,
Car ilz en feurent les premiers inventayres.
Donc je vouidrois scavoir qui est la cause
Que l'éléphant furieux bouger n'ose

Se rend souafve par le voir du mouton
Et s'essayer s'il voit en ung quanton,
Ou 'bien la voix d'ung jeusne couchonnai
Plus a de peur qu'homme à mort condemné
Et le taureau saulvaige se admitigue
Si l'on l'atasche à l'arbre pourtant figue
Et le cheval puissant se rend à coup
Qu'est eschapé de la gueulle du loup
Puys est légier, voilant comme arondelle,
La chair mangée de tout bestail que ibelle
Qui a estée (poursuite) aux loup, faicte sa proye.
Est savoureuse, mais la laine envoyé
Force vermine e poulx vienit générer,
Le cheval vient soy détériorer
S'il vient marcher où le loup souvent passe,
Si sus esquilles le loup faisoit sa trasse
II se viendroit subit tout afoyblir,
Le regard cault sachant ce vient vuenir
Par peur du loup d'esquilles ses cavernes
Si le loup vient prenoit par ces luzernes
L'homme en chemin le vient rendre inbécille
Et de sa voix le prive et le débille
Et si le loup, plustôt par l'homme est veu
II se rend plus débille et plus déceu,
Le lyon vient s'afoiblir et fascher
Si sus les foille d'ieuze il vient marcher,
II crainct le coq et quand il a ouhy
Par peur du chant sobdain il s'enfouy
Et si l'hyène par raison naturelle
Que par nature lui est subdite telle
Vient dedans l'umbre du chien de nuiot marcher
Lors que la lune longue la faict lascher
Et vient monter subite en l'aer tout beau
Comment si elle montait par un cordeau
Et si elle voit l'homme ou le chien dormir
Son corps extend le dormant faict frémir
Et s'il se voit plus grande par son umbre
Au dormant porte par sa longueur encombre
Et transipourté rend l'homme qu'estoit sain,
Sens répugner il se paist de ses mains
Et si se voit de son umbre plus brefve,
Soubdain s'en va et subite se lève
Et si quelqung des mains tenoit sa langue
Seroit équal à Mercure d'harangue
Et seroit saulvé des gros chiens et mastins
Et les rendroit toutz barbetz et satins ;
Ung aultre cas beaucoup plus infélice
Si on environne de l'herbe l'escrevice
Du pollipode quercus sens faire faille,
Alors luy tonbent les piedz et ses escailles ;
La souris chaulve que faict son nid en piarre
Meurt du perfun faiot par le boys de l'hyarre,
Les voultours meurent par odeurs d'oignementz,
Le serpent meur s'il faict atouchement
Ou si on luy met dessus feulhes de chaisnes,
Le vent ne nuict pour fort qu'il soit aulx fresnes,

Si le serpent par esie de cigoigne
Sus est gectée, de là plus ne s'esloigne
Si la vippère une foyz est frapée
Par le rouseau et se voir bien atrapée
Et puys après vient recouvrer sa force,
Si à la vipère femelle tu t'esforce
Ung rameau d'hestre par là où tu soras
Et la voiler en l'air hault tu verras,
Et la tortue vient malade si mange
Chair de serpent et puys à chercher se range
Prest l'origan qu'au moyen de tel plante
Reçoy santé et d'elle se contente
Et la cigoigne son nid par feulles saulve
Du frondeux plane contre la souris chaulve
Les arondelles dens leur nid mètent l'asche
Pour que les bardes blesseure ne leur lasche,
Et la palombe ou le coulomb ramier
Dedens son nid vient métré le laurier
Et l'aubereau de rapine voilage
Dens son nid met la laictue saulvaige,
L'harpe met l'yerre pour ses petitz défendre
Et le courbeau lagne caste faict tendre
Et l'huppe i me»t la pierre d'amianthe
Et vieng maanger quelque foys l'advente
Et la corneilhe la verveyne souète
Souvent manger, et gramen l'alouète
Et le nid faict de telle herbe ont l'aplique
Comme vertu supresme à la colique;

D'aultres grandz cas qu'à métré ne daignons
La perdrix mesmes du roseau de l'oignon,
La gryve au meurtre, l'héron à l'escrevice
Au callistrichon l'aisgle s'en faiot service ;
D'aultres grandz cas que nature sagaxe
Par ceulx d'Aegipte verons en plaine face,
Dieu et son monde, son ciel, le lieu terrestre,
Bestes saulvaiges et privées ont voit estre
Et plusieurs aultres cas assés mervilleux,
Mer, champs, forest et lieux délicieux.

LE PRIMER LIVRE
DE ORUS APOLLO NILIACQUE
DE AEGIPTE.

DES NOTES HIEROGLYPHIQUES MIS
EN RITHME PAR EPIGRAMMES.

Comment Ilz signifiaient Eternité

Signifiant éternité ou temps
Venoient la lune et le soleil descripre,
Ces deux planètes du temps sont hélémentz,
Ou aultrement faisoient l'aevum descripre,
Ilz faisoient paingdre en or qu'ont voict luyre
Le basilisque qui couvre de sa cueue
Trestout son corps en rond d'une venue,
Ce cercle d'or d'ornement font bourder,
Painger et formé et mis en ample veue
Leur dieux venoient du serpent circunder.

Que denotoyent par le serpent Basiliq

Par le serpent l'Egiptiène afferme
Signifier le temps comprins en l'eage
Encor qu'en soient troys espèces conforme,
Les aultres meurent de mort, ne crainct daumaige
Immortel est, car de son seul visaige
Par son aleisne aulx aultres mort faict estre

Et en tenent de vie et mort l'usaige
Dessus la teste des Dieux ont le vient métré.

Comment le mande

Voulant le munde escripre et vénérer
Ung serpent paignent de diverses escailhes
Distinct qui vient sa cueue dévorer,
Figurant l'astre du monde par ses tailles
Cest animal a en soy de grandz faillie,
Est fort poisant respect sa magnitude
Comme la terre, aussi lubrique et crude
Ung chascung an changeant peau et vielhesse
Que par raison des ans change jeunesse,
Ainsi le monde, et quant ce que son corps
Vient dévorer, la divine action
Du monde vient produyre foybles et fors,
Aussi défailhent par son extinction.

Comment Ilz signifiaient l'an

Nous voulant l'an monstrer par note honneste
Paignoient Isis leur royne et déesse,
Par ceulx d'Egipte estoit une planète
Dicte en leur langue sethos par vraye adresse,
astromyon dicte par ceulx de Grèce,

Sur toutz aultre aseumant force et pouvoir
Quelquefoys grande ou moingdre on la peut voir,
Donnant clarté à sa prime aparanse
Qu'à son lever souvent ont vient prévoir
Du temps futur la juste cognoiscense.

Aultrement l'an par eulx

Et non sens cause ont noume en leur science
L'an es'tre diot Isis scelon leur nom
Et aultrement faisant signifiance
De l'an d'Aegipte dont provient le surnom
Paignoient la palme, arbre d'antiq renom
Contrariant à toutz arbres d'u monde,
Chascune lune noveau rameau abonde
Qu'en douze lunes douze rameaulx on vois
Que a produict de verdeur très jucunde,
En produisant ung par ung chascung moys.

Annotations sur la Figure de Isis pour la figurer aultrement que n'est, scelon les antiquissimes topographies

Felici Arabiae repertum Placuit hue ponere ob rei venustatem; Quae a nonnullis tradunlur scriptoribus osiridis videlicet et isidis Deorum sepulchra In Nisa Arabiae sita esse et illhec utrique Dicatam columnam sacris sculptam literis, In qua Isidi columna haec scripta est:

(En raison de la beauté de la chose il nous a plu de consigner ici ce qu'on a découvert en Arabie heureuse. Quelques auteurs rapportent que les tombeaux d'Isis et d'Osiris se trouvent à Nisa en Arabie et que là se dresse une colonne dédiée à ces deux divinités et portant des inscriptions. Sur la colonne dédiée à Isis on peut lire:)

Ego Isis sum Aegipti Regina a Mercurio Erudita. Quae ego legibus statui. Nullus solvet. Ego sum mater Osiridis. Ego sum prima frugum irentrix. Ego sum Ori régis mater. Ego sum in Astrocanis refulgens. Mihi Bubasta urbs condi'ta est. Gaude, gaude Aegipte quae me nutristi. Isidi cornua junguntur.

Les anciens adjouptent cornes à sa teste comme ung demy croissant, les cornes contremont à cause de l'aspect de la lune que vient apparoir aux premiers jours e't ainsi la fault figurée.

 

Interprétation de l'épigramme
(Dizain)

Je suis Isis jadis royne d'Egipte
Que ce que j'ai par loix estatué
Car à Mercure j'ai été érudite,
Nul ne viendra jamais prostituer;
Je suis la mère d'Osiridis tué,
Je feuz la prime des fruictz inventeresse,
Du roy Orus je feuz mère et maistresse,
Je suis à l'astre Procyon réfulcie,
Bubast condite en feut par ma noblesse ;
Joye en Egypte, joye que m'a nourrie.

Comment Ilz signifiaient le moys

Et en voulant nous dénocter le moys
Ung rameau paignent de palme verdoian?
Ou renversée la lune comme voiz,
Le rameau pource comme est dict par avand
La lune envoyé, car ainsi la voyant
Quant se conjoinct les quinze pars demeurent
Aiant les cornes con'tremont que nous coeuvrent
Et quant elle est oculté si abas

A son tren'tiesme commung du jour s'assure
Aiant les cornes tournées contre bas.

Comment l'an ensuivant

Quant ilz nous veulent monstrer tout ung tenent
L'an ensu'yvant font la quarte partie
D'ung champs escript l'espace contenent
De cent coubdées par vraye symmétrie
An en leur langue 'par heure my-partie
Est quart nommé pour les deux oriens
Par l'astre dict Sothis exorient
Pour la distance d'ung jour la quarte part
L'an du soleil troys cents soixante part,
Cinq jours, cinq heures, aiant au droit sentier,
Dedens les quatre ung habonde à l'escart
Qu'en quatre foys faict un jour tout entier.

Que voulaient signifier pour l'aigle

Quant ont vouloit monstrer dieu par puissance,
Dépression, haulteur ou exélence
Sang ou victoyre, l'aigle ont paignoit en rond,
Dieu pour ce que l'aigle est oyseau fécond
De 'longue vie comme oyseau non pareil
Et simulachre du souverain soleil

Pour ce qu'elle est d'exélente nature
Sur toutz oyseaulx voir le soleil s'asseure,
Ses hieulx intendz aux rayons sus les cieulx
Par quoy les mires aulx modelles des hieulx
Usent d'une herbe de l'aigle qu'ont voit métré,
Voir le soleil comme seigneur et maistre
Et largiteur de la vertu visive
Et prime cause par effect productive
Pour ce que quant hault au ciel vient monter
Pour hault monter ne prend chemin oblique
Mais contremont tout droit son vol aplique.

Par quoy à l'aygle dépression

Dépression que quant il veult descendre
Point à travers ne vient son vol extendre
Mais toute droicte descend par grand roydeur
De l'aer en terre par subite vigueur
L'aigle aussi bien dénoutoit exélence
Car sur toutz aultres oyseaux a préférence ;
Le sang aussi l'aigle leur dénoutoit,
Aultre liqueur jamay que sang ne boit,
Victoyre aussi car tout voit chèrement
Qu'elle surmonte toutz oyseaulx promptement
Que si vaincu se voit par sort adverse
Elle se couche à coup à la renverse
Les piedz au ciel, les esles contre terre

Là extendues, soy défendant faict guerre,
Soy combatant contre son ennemy
Que quant se voy estre ainsi mise en my
Se convertit facilement en fuite
Que quant par mort l'homme luy faict poursuite.

Comment Ilz démonstroient l'âme

Aussi pour l'âme l'aigle ont venoit métré
Du nom pour cause d'interprétation,
L'âme Baieth l'on nommoit comme maistre
Du nom pour cause de la division,
Bai estoit âme, Eth du cueur moution,
Car le cueur est qui environne l'âme
Par quoy tel son par eulx ainsi se clame
Comme s'il feusse du cueur l'âme cordée
Par quoy est l'aigle de nature acourdée
Aveques l'âme que jamais n'est périe,
Ne boy que sang, en l'eau est discordée,
Aussi est l'âme toute du sang nourrye.

Comment Ilz signifiaient Mars et Vénus

Quant ilz vouloient Mars et Vénus escripre
Paignoient deux aigles d'une paincture belle
Et deux corneilhes au près ont faisoit luyre,

Mars pour le masie, Vénus pour la femelle,
Les aultres bestes l'ont voit estre rebelle
Au faiot d'amours, mais l'aygle est au contrayre,
L'aygle est au masie soubdain se vient retrayre
Si trente foys le masie il oit crier
D'amours le vient par semblant le prier.
Voiant Egipte l'aigle en amours si prompte
A Vénus l'ont comparée sens honte
Et estoit l'aigle au soleil desdiée,
Soy venant joingdre trente foys par bon compte
Le font au masie par amour aliée.

Aultrement Mars et Vénus painct
par eux de la mesme

Aultrement Mars et Vénus ont paignoit
Par deux corneilhes qu'ont métoit par escript
Masie ou femelle en la veue on faignoit
Par les deux œufz que pond comme l'on diot
L'ung est le masie, l'aultre poinct n'escondict
D'estre femelle comme il est nessessayre,
Mais s'il advient se que rare ont voit fayre
Que toutz deux masies des œufz soient produictz
Ou deux femelles jamais ne sont induictez
A soy conjoingdre aveq aultres femelles
Ne les femelles des masies aux séquelles
Un solitayre ont les a veu ensuivre

Si au chemin ont trouvait seule suyvre
Une corneilhe d'augure estoit présage,
L'homme viendroit en solitayre vivre
Et présaigoit pour lors estre vesvaige.

Comment ils dénotoyent les nopces

Quant ilz vouloient signifier les nopces
Quant parachève et quant vient commencer
Dans l'humain cham aux naturelles fosses
Ilz faisoient paingdre et très bien adresser
Dens ung tableau deux corneilhes trasser
Pour l'androgin qu'est divisé conjoingdre
Comme ont peult voir ici devand dresser
Par Mars et Vénus comme tout a faict joingdre.

Comment ilz paignoient Vulcanus

Pour nous donner Vulcanus à entendre
Ung escarbot paignent et ung voultour
Painct pour Minerve secret ont faisoit tendre
Par lesquelx seul se produict tout amour
Le monde estre mainteneii par son tour
Sens que des masies il en soyt nessessayre

Par le vou'itour Minerve ont venoit trayre
Pour ce que sont ces deux dieux faiotz subite
Entre les aultres ont les voit contrefayre
Car ung chascung d'eulx est hermaphrodite.

Comment ilî signifiaient ung enfant seul et unique

Signifier voulant l'enfant unique
Le père ou monde ou génération
Ou l'homme humain en forme spécifique
Ilz faisoient paingdre par grand perfection
Ung escarbot ipar leur invention,
Le filz unique pour ce qu'il est produict
Sens la femelle tout ainsi qu'il s'ensuit:
Quant il a pieu au masie petitz fayre
Treuve la fiente du 'beuf qui la conduict
Tant que bien ronde pellote en vient parfayre

Comment l'escarbot faict sa pilule

Tout à la forme du ciel la vient rondir
Soy soubstenant par les piedz du derrière
Vers l'orient devand soy la conduit
De l'orient tendent vers la lumière
Jusques qu'il la reduicte en forme entière
Aiant la forme du monde rond receue

Car d'orient en occident se mue
Le clair soleil en orient se tourne
Le cours des astres aultrement se remue
c.a.d. occident en orient se tourne.

Que faict l'escarbot de sa pellote

L'escarbot vient après que sa pellote
Vingt et huict jours toutz entiers l'enterre
A la rondir plus il ne la ballote
Mais au dict terme bien près du fien l'enserre
Aultant de jours la lune par son erre
Vient circuyr le crercle immobile
Et soubz ce temps ceste beste inutile
De son expèce par lors s'ent vient parfayre
Au bout de vingt et neuf jours que vient fayre
Sa pelote ouvre, la g&te dedens l'eau,
Conjonction pencent que se doibt fayre
Estre de lune par soleil clair et beau.

Parquoy Génération, père et mère
signifiait l'escarbot

Du monde aussi la génération
Quant la pellote dedens l'eau est ouverte
Plusieurs scarbotz ont faict production

Pour estre cause d'estre dicte et aperte
Le père pour ce par raison manifeste
Car l'escarbot tient toute sa naissance
De son seul père, le monde aussi semblance
Obtient au monde par semblable figure,
L'homme pour ce qui ne tient alliance
Faicte de femme comme par sa nature

Combien d'espèces d'escarbot

Et d'escarbot en i a troys manières
La première est qu'on nomme féliforme
Lucide et glauque de façon extrangère
A la semblance du soleil bien conforme
Qu'ont le desdie du soleil a la forme
Car le chat masie dict-on vient varier
Ses deux prunelles des hieulx dévarier
Tout ainsi comme le soleil faict ses heures
Sur le matin longues ont les voit vier
Ronde à midy devers le soir obscures.

De Héliopolis et secunde spèce

En la cité du soleil est hymaige
Du dieu en forme d'ung chat et trente doigtz
A l'escarbot monstrant par tel ouvraige

Que trente jours obtient ung chascung moys
Auquel son cours le soleil comme vois
Faict par discours de son rond mouvement
Le second genre a deux cornes devant
Comme ung toreau consacré à la lune
Car le toreau qu'est au ciel ascendent
Aegipte veut qu'à la lune ont le hufne.

La tierce spèce à Mercure consacrée

La tierce spèce tant seulement obtient
Seule une corne avec sa propre forme
Qu'est à Mercure ainsi comme l'ont tient
Font desdiée à luy estant conforme
Par sa noirseur l'ont la trouvait difforme
Comme le sainct des Druydes tesmoigne,
Font à Mercure transmué en forme
Lui consacrant ainsi qu'à la cygoigne.

Quelle chose signifiaient par le voultour

Quant ilz vouloient dénoter une mère,
Terme ou bout ou la vertu visive,
Précognoiscence ou l'an l'ont faisoit fayre
Miséricorde, l'ung d'eux en forme vive
Pallas ou Juno par faincte tradition

Ou bien deux dragones, le tout painct à l'entour,
Ilz faisoient paingdre pour le tout un voultour,
La mère mesmes car le masie ont ne treuve
Car Ilz s'engendrent par tel façon et tour
Sans aulcung masie comme on a faict la preuve

Génération du vautour

Quant le voultour a fa.im de concepvoir,
Son naturel vayseau vient à ouvrir
Devers la bise cinq jours qu'ont le peult voir
Quant par nature au vent se faict couvrir.
Ne boy, ne mange ; par plaisir vient soufrir
Que par le vent en vient estre fécondé,
Produysan't fruict végétatif au monde :
D'aultres expèces de voultour ont a veu
Qui ne conçoipvent en l'aer, terre ne unde.
Les ceufz desquelz mangé bien l'ont a sceu.

Parquoy au voultour la veue et le terme

La veue aussi pour ce que l'a aiguë
Plus que nul aultre oyseau qui soit voilant.
Car au matin il vient geoter sa veue
De l'orient vers le soleil couchant
Et du couchant regarde l'orient

Et de bien loing il apercoipt sa proye,
Et le termine pour ce qu'aux Roys pourvoye
En assignant le lieu de la batailhe.
Sept jours devant il prenoit d'ample voye
Mis par limite et par la veue en taille.

Parquoy au voultour prescience

Précognoiscence pour la chouse avand dicte
Pour ce que vient regarder vers la part
Que du plus fort se doi'bt rendre subdite,
Ouvrant le beq, le col à l'estendart
Devers le lieu où i aura despart
Vers la plus grande part de l'occision
Parquoy les roys advoient occasion
Envoyer gens exprès contregarder
Pour adviser comme provision
Où les voultours venoient regarder.

Pourquoy au voultour l'an

L'an justement pour ce que just poursuit
A diviser les jours par le vray compte
Par son droit nombre ainsi comme s'ensuit
Cent et vingt jours en la terre s'escompte
Du nid ne bouge, ni ne descend, ni monte,

De ses petitz aiant sollicitude
Les nourrissans d'ample mansuétude
Quarante jours et deux centz qu'a de soy
Certayne cure pour la sienne habitude
Ne soy nourrir, ne pond, ni ne conçoipt.

Que faict le voultour après

Tant seulement il se vient préparer
Cinq jours que restent pour la conception
Comme il est dict et les vient altérer,
Les consumant à procréation
Miséricorde par contrayre action
Par adventure comme cas bien absurde
Le voultour faict à toutz oyseaulx la sourde.
N'hobeissent à nul oyseau du monde
Mais par cest cause que rien ne touche munde
Durant cent jours ne soy vient esmouvoir
Qu'il vient nourrir de charoisgne inmunde.

Que faict le voultour après en nécessité

Et si la viande luy venoit défaillir
Que ses petitz ne puysse substanter
Devant soy blesse et le sang faict saillir
Que par le sang les vient alimenter

Pallas et lune car ilz font limiter
Par ceulx d'Aegipte qu'à Pallas atribuent
Du ciel le hault par elle distribuent
Et le dessoubz la partie inférieure
Par quoy ilz ténent chose détérieure,
Le ciel nouter par un nom masculin
Veu que des astres l'ardeur supérieure
Soy vient parfayre par ung nom féminin.

L'espèce des voultours

L'espèce aussi des voultours seulement
Sont que fumelles comme ja ont a dict
Par quoy ilz créent voultour doctement
Sur toutz oyseaulx le roy sans contredict
Par lequel notent sens plus fayre long dict
En l'assignant à toutes les déesses
Par luy aussi paygnent par telz adresses
Metant la mère pour sexe féminin
Car il n'entend d'aulcung masie le sexe
Ni de semence spérmatique venyn.

Parquoy deux dragmes au voullour

Le voultour painct ilz font nom les deux dragmes
Pour ce que deux dénoutent unité
Car l'unité est de tout nombre par dragmes

Communément par parfaite équité
Et non sens cause ont en eu volenté
Le voultour estre par deux dragmes cy mys
Par quoy la mère à métré on a commys
Pour vray principe esleu du premier nombre
Comme unité la mère ont a mis
Noutant la mère veue ou le bout par umbre.

Que veulent il signifier par l'estoylle

Signifiant Dieu ou la destinée,
Revolud fatum ou le cinquiesme nombre,
Paignoient l'estoyie Dieu pour sa vénérée
Et providence divine que l'astre umbre
Le mouvement loutel qui nous obumbre
De ce beau monde qui ne peult concister
Sens le grand dieu Fatum qu'à résister
Vivant ne peult le faict de mouvement
Par les estoyiles continuellement
Et puys après par le nombre cinquiesme
Pour ce que sont au ciel astres miliesmes
Tant seulement par ces cinq tours le monde
Se vient mouvoir sempiternel et ronde.

Que vouloient Ilz signifier par le cynocéphale

Signifier voulant la lune ou letres,
Le rond du monde, yre ou natation,
Ou bien d'Egipte les sacristes ou prestres
Le terrien globe par révolution
Paignent (qui souffre diverse affection)
Cynocéphale quant la lune n'apert
Quant est conjoincte à la clarté sens per
Alors le masie rien il ne voit ne mange,
II est tant triste qu'à joye ne soy renge,
Les hieulx en terre se déjecte en tourment
Par double aiant sa parsonne laudange
Soit à la lune faict nul ravissement.

Que faict la fumelle cynocéphale

Et la fumelle ormis qu'elle n'i voit
Comme le masie ainsi elle est faschée,
Le sang envoyé par droit là où concoipt
Par quoy on temp on la nourrit couchée
Et jusques ici en lieu sacré est cachée
Afin que d'eux soit faicte ostention
Du corps opaque par la conjonction

Du Sol qui n'est à clarté contumax
Du terrien globe car son intention
Le monde advoir septante et deux climatz.

Quelle diligence vient ont adhiher au cynocéphale

Par quoy ne sont aulx sacrés lieux nourris
Soigneusement traiotés par bonne cure
Car dans ung jourt ne viennent poinct mourir
Comme les aultres bes'tes à jour et heure
Mais chascung jour nature en ce labeure,
Une partie de son corps mort il tumbe
Et de leur corps encor se tient le reste
Que toutz les jours en chier sens grand moleste
Durant septante et deux jours toutz intègres
Et la partie qu'à défailhir s'arreste
Au bout du terme vient défailhir aleisgre.

Parquoy les lefres au cynocéphale

Les letres pour ce que feurent inventées
Par ceulx d'Egipte sus le cynocéphale
Est une bes'te de vice exemptée
Tout ainsi comme du temple la grand sale

Es admené, alors sens intervalle
Luy vient le prestre ung tableau présenter
La plume et l'ancré affin pour préscruter
En essaiant par preuve sufisante
S'hoit les letres ou bien s'il se contente
Et vient escripre monstrant qu'il ne se exempte
Comme isseu de noble parenté

Parquoy le naiger au cynocéphale

Et le naiger aussi l'ont attribue
Car toutz les aultres animauls qui fréquentent
L'eau et maresc leur peau se voit imbue
Et fort souillées celles que les eaux entent
D'aulcunes loing ou de près bien fort sentent
Par l'eau ou boue quant trop ilz ont foulhé
Cynocéphale souilleures ne le tentent
Ne par ordure jamais il n'est souillé.

Comment Ilz venaient signifier la nouvelle tune

Lune nouvelle quant ilz veulent escripre
Cynocéphale paignent debout estant
Les piedz devand au ciel dressant font luyre
Et sur son chieph signe royal tenent
Quant la nouvelle lune incontinent

Se vient monstrer, adourer se despeiche
Comme dieu Phèbe oultre le sol alant
Et la lumière du soleil point n'enpèche.

Comment Ilz signifiaient les deux équinoces
ou jours esgaulx

Les équinocces que deux foys l'an advénent
Signifier voulant font adsis métré
Cynocéphale que bien painct le détiènent
Qui son urine douze foys vient permetre
Le jour la rendre aultant en vient commetre
La nuict, aussi chascune heure une foy
Par ceulx d'Egipte estoit comme une loy
Aulx hydrologes gravé en pourtraicture
L'eau qui tombait nuict et jour et toute heure
Faisant fluer l'eau sortant de son membre
Comme il est dict par douze heures s'asseure
Affin qu'au temps perdu l'on soy remembre.

Que font les Egiptiens aulx orloges d'eaux

Et pour fin que l'eau trop abundante
Ne viegne issir plus qu'il n'est de besoing
Ou bien trop large que l'eau ne soit courante
Ou trop estroicte si l'en advoient soing

Car toutz les deux empècheroient de loing
Par la raison des heures mal comptées
Faisant canules de fer bien raboutées
De la grosseur de sa pelle o cueue
En aplicant par façon adaptée
Afin qu'il feut au commun peuple en veue.

Par quelle fin faisaient couler l'eau

Cella estoit au commun agréable
Cella parfayre non sens bonne raison
Pour rendre mieulx le peuple amiable
Et pacifique chascung à sa maison
Ne moings aussi qu'il ne feut desraison
Aulx aultres chouses par quoy sens vain subjoum
Sur toutes bestes équal fons d'orizon
Vient à baier douze foys chascun joum.

Comment ilzs signifiaient le conraige,
yre ou fureur

Comment couraige, l'yre ou bien la fureur
Le lyon paignent signifier voulant
II a sa teste bien grosse et de gran cueur

Et la pupille des hieulx a feu voilant,
Son corps est rond et le poil tout semblant
Du clair soleil aux raions faict en sorte
Car qui le paignent de sa façon si forte
Démonstrent bien qu'il est du tout pareil
Car à midy descouvert ont le porte
Pour mieulx dépaingdre sa semblance au soleil.

Comment Ilz signifioient force

Et puys la force voulant signifier
Tout le devand du lyon venoient paingdre
Car les parties devant spécifier
Sont bien plus larges que tout le corps à craingdre,
Sa latitude du devand faict entendre
Vigueur et force au lyon apparoir
L'antérieure proportion vient rendre
Dénouter force comme ici pouvés voir.

Comment ht. signifiaient l'homme vigilant

Voulant descripre la guarde et vigilant
Font en paingeture du lion le chieph métré
Car le lyon par lors qu'il est veillant

Tient le hieulx cioz à dextre et à senestre
Et quant il dor ouvers les tient d'ung estre
Que de vigille est signe et vraye mode
Par quoy aux lieux sacrés ont les vient métré
Pour la nuict estre des cloistres la custode.

Comment ilz signifiaient formidolose ou poureux

Signifiant l'homme maulvais à craingdre
Du mesmes signe ilz en font démoustrance
Car ceste beste d'ung chascung se faict craingdre
Comme en vigueur et de force aparance
Si au devand de nous métré s'advance
Sobdain nous cause une extresme effrayeur
De telle craincte et terreur nous advance
Tant par sa force comme par sa vigueur.

Comment Ilz signifiaient la inudation du Nil

Le Nil croissant par inudation
Signifier voulant l'intention
Le Nil est num surnoumé en leur langue
Qui vient noter nouveau en nostre harangue,
Le lyon paignent, troys cruches aulcune foys,

Le lyon pour ce le soleil mainte foys
Entrant au signe de la fervente esté
Le Nil se inunde, par pluyes augmente,
Les trois hydrus paignent ni plus ni moings
En assignant troys causes par ces poincts,
La première est que la terre d'Egipte
Qui de soy vient engendrer l'eau subite
L'aultre de l'onde par le grand Océan
Qui vient flotter et refléter ens céant,
La tierce cause qui est faict comme 1'ysle
Du temps qu'il croist par le moyen du Nile
Et pour les pluyes des régions houstrales
d'Haethiopie lorsqu'il entre aulx canales,
Le Nil croissant par inundation
Par lors que Egipte d'eaux a vexation
Et se qu'il vient ainsi eaulx générer
En ceste mode l'ont peult considérer
Fluves acroistrés par les climatz du monde,
Par les grandz pluyes que superabondent
Du temps d'yver la seule Egipte terre
Mise au milhieu du monde qui l'enserre
Comme de l'oieil la prunelle est posée
Au temps d'esté par oevre compousée
Vient estre cause de l'inundation
Du Nil croissent par haulte élétion.

Comment Ilz escripvent Egipte

Et en voulant signifier Egipte
Ilz venoient paingdre ung encencior ardent
Et par dessus ung cueur pousé en gitte
Qu'estoit indice d'ung jaloux contendeur
Car tout ainsi que son cueur très ardent
De chaleur brusie par diverses assaulx
Egipte aussi par le chault circundant
Vient procréer de divers animaulx

Comment Ilz signifioient l'homme qui
n'a guières voyagé

Signifiant ceulx que nature damne
Qui jamais n'ont bougé de leur maison
Ilz venoient paingdre la teste d'ung grand asne
Pour ce qu'il n'a d'ouyr nulle raison
Car il ne sceut hystoyre ne blazon
Ni ne congnoist bon ni maulvais passaige
Et ébété par tout temps et saison
Ignorantz ceulx qui sur luy font voyage

 

Comment Ilz sigmfioienl tutelle ou défense

Signifiant tutelle ou défence
Deux testes d'homme faisoient comparoir
Dedens le masie regardoit d'assourance
Et par dehors la fumelle aparoir
Car ilz mantiennent cessi estre au debvoir
L'esprit maling nullement pouvoir nuysre,
N'advoir puissance d'assaplhir ne induyre
Pour ce que sont sens letres, car tempeste
Par amulelum l'ont faisoit aussi luyre
Car ilz soy gardent sens letres par deux testes.

Comment ilz signifiaient embryon ou homme imparfaict

Signifier voulant l'homme imparfaict
Ou embrion paignoient ung grenoille
Car du lymon s'engendre et se parfaict,
Que demy faicte ont la voit qui gazouille
L'une partie en la boue se soulle
L'aultre moytié n'est formée ne pollie,
La moytié vive, l'autre moytié l'eau foulhe
Ainsi que l'eau trop tost luy est faillie

 

Comment Ilz signifiaient oraison ou harangue

Quant ilz vouloient dénouter oraison
Ilz venoient paingdre l'oeil nafvré et la langue
Pour le premier office de raison
Apartenant par paroles d'harangue
La proche aux hieulx que si quelqung harangue
Aussi conciste l'oraison vraye à l'âme
Quant est conforme ou à mouvoir sens l'âme
Au mouvement rien prononceant frivolle
Acommodée au lieu que l'on la clame
Par Apis dicté jadis aultre parole.

Aultrement (même article)

Et aultrement oraison démonstrant
Paignoient la langue comme cas bien certain
Persuader veult au vray remonstrant
Dessoubz la langue on paignoit une main
Atribuant les primes non en vain
De l'oraison à la langue parfaicte
Et la secunde à la main ne constrainct
Ce que la langue veult ne dire imparfaicte.

Comment facifurnifé

Signifier voulant tayre ou silence
Qui est l'effect de taciturnité
Ilz escripvoyent ung nombre en aparance
Mil quatre centz et quinze bien compté
Qui est le terme sens rien soy mescompter
D'ans troys complis constitués au sens
Supputant l'an nombre de jours troys centz
Soixante et cinq que l'enfant son langaige
Vient prononcer car devand de ce temps
Sa langue n'a de parler bon usaige

Comment une chose patente

Et en voulant signifier comment
Chose est patente ou l'emple ouverture
Le lièvre paignent que tient communément
Les hieulx ouvers de propre nature

Comment ilz signifiaient la voix esloignée

Signifier voulant voix esloignée
Que ceulx d'Egipte vaeè venoient noumer
Faisoient escripre la voix de l'aer roignée

Qu'est le tonnerre qui tout vient assoumer
Bien plus en voix ont ne peult présumer
Qui plus fort sonne ne que plus fort menasse
Comme le fouidre en l'air qui vient sonner
Ne si grand bruit tant véhément il face.

Comment la volupté

Et quant ilz veulent monstrer la volupté
Ilz font descripre en ceste forme seize
Lors vient à l'homme de famé volunté
Et de complayre à Vénus à son ayse
Pour lors est l'homme plus ardent que la braise
Par ce temps lasche Cupido ses assaulx
L'homme par Vénus à volupté s'abraise
Lors qu'il s'essaye assailhir les doulx saultx.

Comment ilz signifioient la copulation charnelle

Quant ilz vouloient descripre l'assemblée
Comme est de l'homme sus la famé logé
Ilz escripvoient par ces letres doublées
Deux foix le nombre de seize abreigé
Car les enfants sens honneur derrogé

Sont engendrez par volupté charnelle
Mais l'assanblée conjoincte à la femelle
Avec le masie soubz délectable umbre
Par quoy faisoient tel amour sensuelle
Que l'on venoit ainsi doubler ce nombre

Comment ilz descripvoyent l'ancien lignaige

Signifier voulant l'antiq lignaige
Une liasse de papiers estachés
Ont faisoit paingdre par ung très beau imaige
Et aux ignares tel cas étoient cachés
Par ces papiers ici painctz et couchés
Signifioient la prime norriture
Ont ne trouva jamais ne jour ne heure
N 'aussi du vivre ne de la nation
Nul onq ne sceut de la prime pasture
Ne du manger ne génération.

Comment ilz. escripvoient le goust

Et en voulant le goust signifier
Lors le principe du gouster ont paignoit
Car tout le goust se vient magnifier
Et jusques là s'estend comme on faignoit
Le parfaict goust je dis que l'on daignoit

Car le vray goust que l'on vouloit escripre
La langue aux dendz ont paignoit et signoit
Car par ceulx-la le goust ont vient proscripre.

Comment l'âme durant longuement en vie

L'âme durant en vie longuement
Ou en estât de inundation
Faisoient escripre par. signifiement
L'oiseau Phénix en circundation,
L'âme pour ce qu'a assignation
De longue vie plus que beste du monde
De l'inundant car il est signe et munde
Du grand soleil, cas plus esmerveillable
Qui soit au monde plus grand et plus louable
Pour ce qu'il monte devers toutz tout à coup
Tout prescrutant, il monte, il baisse, il hable,
Appelle polys, comme à dire: beaucoup.

Comment celuy qui revient tard
de sa pérégrination

Voulant escripre au vray ce que convient
Celuy qui tard revient de son voyage
Paignoient le Phénix qu'en Egipte revient
Lors quant il a d'ans cinq cens de bon aage,

Car quant est proche de sa fin d'avantaige
Que le Phénix s'en retourne en Egipte
II est traicté par mistères licite
Tout ce qu'ilz ont acoustumé de fayre
D'atribuer aux oyseaulx ont cogite
Tel honneur rendre à luy ont délibère.

Que font les égiptiens au Phénix

Voulant à dire comme grave mistère
Qu'ont aux divines choses conformité
Ils atribuent aussi au Phénix fayre
Lequel sur toutz grandes sublimité
Sur toutz oyseaulx l'esplendeur et clarté
Du grand soleil s'esjouyt et délecte
Dedens Egipte où la chaleur moleste
Aussi le monde toutel vient circunder
Son hardeur grande que point ne le mouleste
Et sa chaleur le Nil vient inunder.

Comment le cueur

Quant le veulent descripre ou démonstrer
Font figurer la cygoigne en raison
Comme à Mercure animal consacré,
Seigneur et maistre de tout cueur et raison

La cigoigne a son cueur en desraison
Bien gros et grand et insymmetrien
Scelon le corps comme on balle à foyson
Plus long sermon aux vieulx Égiptiens.

Comment Ilz escripvoient la science

En démonstrant la science ou doctrine
Ilz venoient paingdre du ciel pluiant rousée
Car ainsi comme la rousée senctine
Tumbant moulist là où est embouzée
A ceulx qui ont nature dispousée
A estre tendres aulx aultres n'a effect
Qui de nature sont dures par leur faict
Ainsi doctrine à tout homme s'apreste
Mais aux engins subtil et soy rend preste
Aux grosses testes rudes est prohibé
L'entendement ébété les moleste,
Science à eulx ne se peult imbiber.

Comment Ilz. escripvoient les {êtres égiptiaques

Egiptiacques letres voulant escripre
Paignoient la fin ou le sacré escripvain
Ancre, ou le scribe ou jonc ont faisoit luyre
Car par ces chouses tout s'acomplit par main,
De joncz escrivent non point d'aultre moyen,

Le crible paignent pour premier instrument
Pour le pain fayre trouvé au commencement
En démonstrant qui bien a de quoy vivre
Vacquer aulx letres pour icelles poursuivre
Qui n'a de quoy n'apartient nullement
Par quoy science par sbo venoit suivre
Que dénoutoit plain de tout aliment.

Aultreinent (sur les letres)

Ou le sacriste qui donnoit jugement
Au sacré scribe de mort ou de la vie
Car ung livre est enmy ce sacrement
Que le sacriste appeller ne desvie
La sacreambris qui malades convie
Qui de mourir ou de vivre il prétend
La fin pour ce qui les letres aprend
Par cours de vie est en tranquilité
En fascherie vivre plus il n'entend
D'humaine vie hors de calamité.

Comment derechief le sainct escrivain

Voulant encores le sacriste escripvain
Signifier ou le vates ou prophète,
Ou bien le juge ou le ris nieis ou vain
Le prince aussi ou bien l'odeur parfaicte

Le chien paignoient qu'à toutz il ne faict teste
Le scribe pour ce que celui qui doibt estre
Parfaict scribe beaucoup luy fault pencer
A ung chascung aboyher et tencer
A nul bien fayre à toutz estre saulvaige
N'estre trop doulx ne humain, mais courser
Comme le chien sens fayre à nul visaige

Parquoy le prophète au chien

Par quoy prophète ont venoit travailher
Pour ce qu'il semble sur bestes que le chien
Lequel il vient sur toutz esmerveilher
D'ung regard ferme et asseuré maintien,
Voir estatues qu'aux temples ont détient
Les simulachres et imaiges des dieux
Comme prophète qui les voit de ses hieulx.
Par quoy celuy qu'aux mortz faict assessoyre
Les estatues des Dieux nues voit mieulx
Les colloquant en leur répousitoyre.

Parquoy le chien à la rate comparé

La ratte pour ce car le chien a la ratte
Si fort légière que souvent mort en vient
Par cella mesmes et la raisge faict haste
Souvent de mort quant subit luy survient

E ceulx qui scavent quel cuer il apartient
Quant mourir doibvent par rate vient hectique
L'odeur sentir le minister s'aplique,
L'oudeur le ris ont ne vient remuer
L'esternuer car qu'est splénétique
Ne peult sentir, rire ne esternuer

Comment l'homme constitué en estai
de magistrat

Voulant escripre le magistrat loyal
Paignoient le chien ou piez de sa figure
Nue, l'ont met nud le manteau royal
Car tout ainsi d'une ententifve seure
Le chien regarde d'imayge la parenté
Les simulachres des dieux comme advons dict ;
Au temps jadis il estoit ung édict
Le magistrat le roy nud regardoit,
L'ont atribue au vray comme l'on dict
Le vestement royal que chien gardoit

Comment Ilz signifioient celui qui pourtoit
le sacré manteau

Signifier voulant le manteau sacré
Mesmes celuy qu'à le porter prouvient
Paignent en or en couleur d'azur d'acre

D'une maison ung soigneux gardien
Car tout ainsi que le custode vient
Le sainct manteau conserver par raison
Ne plus, ne moings qu'au gardien convient
Soigneusement à garder sa maison

Comment l'horoscope, c'est-à-dire celui
qui compute les heures

Signifier bien voulant l'horoscope
Mangeant les heures font debout paingdre l'homme
Non qui les mange que ce n'est pas l'escope
Car cella est impossible, mais comme
Ont faict aux heures ont apreste et consomme
La viande à l'homme pour mieulx son repas prendre
Donc par l'orloge est mis l'homme sens somme
Par lors qu'ont veult tel note mieux comprendre.

Comment Ilz enseignaient ignorance

Aussi quant veullent démonstrer l'ignorance
Par lors ilz paignent le feu et l'eau à part
Pour ce qu'aux deux ce faict ample aparance
Que tout natif soy courromp et despart
Par eulx ce faict toute commixion.

Comment Ilz signifiaient le meschant
homme ou haisne

L'homme maulvais plain de meschanceté
Ou bien voulant nous signifier l'haisne
Le poysson paignent comment interjecté
Et interdit à la sacré sepmayne
Car son usaige destruict tout, vuyde ou plaine,
Et prohibe aulx sacrés qu'ont n'en donne
Car tout poysson destruict tout et abeisne
Et le poysson à poisson ne pardonne

Comment Ilz signifioient la bouche

Et quant ilz veulent bien descripre la bouche
A paingdre au vif ung serpent ont s'esforce
Car par la gueulle nous nuict quant il nous touche
Aulx aultres membres n'a ne pouvoyr, ne force,
II n'obtient mains, ne piedz, mais il s'efforce
Et bien souvent nous fraper de la cueue,
Mais il ne donne à l'homme aulcune extorsse,
Plusieurs en sont qui nuisent de leur veue.

 

Comment ilz signifioient l'homme fort et tempéré

L'homme puissant ou fort et tempéré
Signifier voulant paignent intègre
De valétude le taureau découré
Car ha son membre très chault et fort aleygre
Tant qu'à la vasche joinct par puissance et aysgre
Vient sa semence gecter sens mouvement
Que si du lieu faisoit desniement
Et que le membre en aultre lieu alasse,
Par sa roisdeur il blesseroit la place
Mais en cella il tient température
Car quant la vache a conceu ne pourchasse
Plus la toucher le taureau ne n'a cure.

Comment Ilz signifioient l'ouyr

Faignant l'ouyr du beuf paignent l'oreille
Car quant la vache a fain de concepvoir
Plus de troys heures son vouloir ne s'esveille
Si fort et crie que le beuf la peult voir
Qu'a si aler tost ne faict son debvoir
Se vient nature fermer jusques à ung temps

Le taureau l'ouyr encor qu'il en soy loing
Et entendent qu'elle veult compaignie
Soubdaing il court d'ung naturel besoing
Aux aultres bestes cella nature nie.

Comment Ilz signifiaient le membre
de l'homme fécond et fertil

Signifiant d'homme membre fécond
Paignent le bouc et non poinct le taureau
Car le taureau après son an second
Ni le premier ne rend semence d'eau
Mais dans sept jours le bouc mange rouseau,
Saulte, rendent sa semence stérile
Et invalide ; cela ne faict le veau
Ne aultre beste qui soit tant soit fertille.

Comment Ilz. signifiaient le péché

Quant ilz vouloient le pêcher dénouter
Ilz venoient paingdre une maulvaise beste
Nommée oruge comme ont faisoit nouter
Que quant la lune apert, lo'rs elle gecte
Ung hurlement, ung cry quant intergecte
Des hieulx la lune en lieu de la louer,
Ne la bénist, ne la vient avouer

Comme ont cognoit par manifeste signe
Des piedz devandz, lequel tant est maligne
Mouvant la terre et en cachant ses hieulx
Comme s'il eusse desplaisir la indigne
Quant voit la lune esclairant soubz les cieulx.

Que faisaient les anciens Roys par Orige

Ne plus, ne moins, quant le soleil se liefve
En faict aultant par sa grand cruaulté
Par quoy les roys, par cas de l'heure briefve,
Quant leur horloge lors estoit démonté
Dessus orige vent ilz venoient monter
Sus le millieu comme vray oroscope,
Leur dénoutoient l'orient par l'escope
Comme au vray point advoient cognoissence
Des deux lumières par le vray limitrope
Du just gnomon ayant certifiance.

Que Orige n'estait défendu aux prestres d'Egipte en manger

Sur toutz oyseaulx les prestres seulement
Ormis d'orige n'ouseroient manger
Pour ce qu'il semble advoir secrètement
A la déesse inimitié pourter

Et s'il venoit par cas se transpourter
En quelque lieu désert ou solitayre
Ou qu'il trouvasse quelque fontayne clayre
Des piedz et bec vient troubler le ruisseau,
Le lymon meust, la boue dens esclayre
Pour inutile la rendre et gaster l'eau.

Parquoy Orige est de telle nature

Par sa malice et par malignité
Qui de nature à mal fayre est produicte
A mille vices et à meschanceté
A faire mal sa nature est aduicte
L'on diot qu'Orige par un instinct conduicte
Tout ce que faict contre raison le forge
Et contre l'astre luisant suprême et digne
Qui nous produict tout ce qu'ont met en gorge .
(Noufés que le susdict Orige fault que soit figuré en forme d'ung oyseau à longs piedz. gros et le bec long et fort large.)

Comment Ilz signifiaient la mort ou la fin ou interitus

Signifiant la mort ou fin, le rat
Paignoient pour ce qu'il vient coruquiner
Tout ce qu'il gouste par droit ou par barrât

Rend inutile de bien aliéner
Du mesme signe ilz font déterminer
Quant ilz en veulent fayre le jugement
Car plusieurs pains des ratz mis au devant
Venent eslire le mille et plus sain
Par quoy l'indice est prins ocultement
Que par le rat est esleu le bon pain.

Comment ilz signifiaient ung homme impudent et exhonté

Et en voulant démonstrer impudence
Signifier voulant paignent la mouche
Car ceste beste monstre impacience
Souvent soy met au front et à la bouche
Encor qu'en table toutes viandes ont bouche
Et qu'elle soit par les fléaux deschassée
Mais non obstant par là on peult et touche
Souvent tournant au lieu d'où est chassée.

Comment ilz signifiaient ou cogneissence

Et quant ilz veulent signifier notice
La formis paignent que congnoist de cacher
Et aprester par une seure indice
Dessoubz la terre les lieux pour se coucher

Nature vient à tel beste lascher
Ung grand scavoir plus qu'en nulle aultre beste
Quant sent l'yver que se veult aproucher
Droit s'en va fayre dens sa cave grand feste

Comment Ilz signifioient le filz

Voulant escripre le filz, la chinaloppe
Paignoient estant à ses petits en voye
Si fort les ayme que si le chasseur dope
A la poursuyvre à son gré se faict proye,
Donne moyen que ces petitz forvoye
Et des chasseurs soy metant au devant
Affin que soit le veneur entendent
A la prendre elle controuve ce moyen,
Tel beste au filz dens ung tableau tendent
Estoit descripte par père égiptien.

Comment Ilz signifiaient l'homme fou ou sens entendement

Signifiant l'homme simple non cault
Et imprudent, paignoient le maritime
Sot pélican qu'encor qu'il puisse hault
Fayre son nid le faict en lieu intime
Faict une fosse en lieu publique et firme

Là ses oeufz pond et l'oyseleur lesche
Tout à l'entour de fiente de beuf seiche
Puys i metent le feu qui ung peu fume
Le pélican voiant le feu alume
En le pencent de ses esles l'extaindre
Le feu des esles esmou brusie la plume
Et par sottise luy mesmes se faict prendre.

La controverse des égiptiens sus le pélican

Veu qu'il soy met en si grand détriment
Pour ses enfantz n'estoit permis au prestre
De luy user ne manger nullement
Mais toutes foys quelqung vouloit permetre
De n'en manger pour ce qu'il venoit métré
Sa vie au feu sens ruze ne malice
Mais par amour, par pitié vient commètre
Tout ce qu'il faict faisant d'amour office.

Comment ut. significient gratitude ou recognoiscence

Signifier en voulant gratitude
Paignent l'oyseau cucuphe en plaine lice
Pour ce qu'il a une consuétude
Sur toutes bestes rendre le bénéfice

Si père ou mère la vieillesse les fixe
Leur nid luy font, dedans les font coucher,
L'un porte vivres, l'aultre vient arrascher
Les vieilles plumes, l'aultre les faict croistre,
L'aultre la viande de loing lui va chercher
Par la cucuphe l'on ornoit divin sceptre

Comment Ilz signifiaient l'homme injuste et jugeur

Aiant l'injuste, aussi l'ingrat cogneu
Paignoient les ungles courbés de hyppopotame
Car quant il est ung peu grand deveneu
Vient essayé au père fayre blasme
Et s'il se voit plus puissant il s'enflamme
Contre son père, son père lui faict place
Avec sa mère s'accepte et deschasse
Que si son père foible veult animer
Pour fere empêché, il le tue, il le chasse
Et mort dens l'eau le faisant abismer.

Parquoy les ungles du cheval de fleuve l'ont métott

Par quoy ilz venoient les ungles fort crochus
D'hippopotame métré en publique voye
Affin que soient les choses mieulx cogneues

Et que ung bieiifaict ung chascung bien le voye
Par raison propre affin qu'on ne desvoye
A satisfayre au debvoir ung service
Affin que soit plus prompt et que l'on soye
A conférer le reçeu bénéfique.

Comment Ilz paignoient encores l'ingrat enver les bienfacleurs

L'ingrat aussi envers le bienfacteur
Signifier voulant font la collornbe
Paingdre, pourquoy le masie obtient vigueur
Son père chasse, dessus sa mère tumbe
Cest animal est sain, net, pur et munde
Car si la peste en quelque lieu provient
Toutz sont fâchés ormis le mal ne vient
A ceulx qu'en usent pour viande et aliment
Par quoy au Roy ne font nourrissement
Que de collombes le long de son repas
Les dieux ministres ne servent aultrement
La beste aussi l'on dict que fiel n'a pas.

Comment Ilz. signifiaient cas impossible

Signifiant chose impossible à fayre
Les piedz de l'homme dedens l'eau cheminant
Ou aultrement font descripre et pourtrayre

L'homme sens teste es champs soy contenant
Impossible est les deux ne ung tenent,
Ne d'acomplir aulx naturelz ouvraiges
Et non sans cause paignent le contenent
En l'aplicant par raisons et usaiges.

Comment Ilz signifloient le Roy meschant et maulvais

Signifier voulant le roy meschant
Le serpent paignent en figure du monde
Qui de sa cueue le bout de dentz touchant
Le nom du roy mis au milieu du ronde
Voulant entendre le roy net, pur et munde
Seigneur et maistre sens vice et sens si
Ung tel serpent se nourrist plus à l'unde
Par ceulx d'Egipte est appelle Mesy.

Comment Ilz signifiaient le roy custode ou faisant bonne garde

Aultrement roy signifiant custode
Ou bien le roy qui faisoit bonne garde
Ung vigilant serpent en belle mode

Ilz faisoient paingdre comme ici l'on regarde
Et pour le nom du roy custode et garde
Le gardien métant, sainct, pur et munde
Le roy doibt estre garde de tout le monde
En plusieurs lieux les bresches sigilant
N'estre tasché d'or si n'été inmunde
Mais nessessayre est qu'il soit vigilant.

Comment Ilz signifiaient le roy victorieux

Et en paignant le roy victorieux
Ou descripvant supérateur du monde
Le serpent paignent aussi pernicieulx
Et au milieu de luy superabonde
Une maison que presques le circunde
Ne moustrant rien fors les extrémittés
Car la maison que sur son doz abonde
Monstrant ung monde estre par roy dompté.

Comment Ilz signifiaient le peuple hobeissant au Roy

Le peuple qu'est hobeissant au roy
Nous dénoutant telle similitude
La mouche à miel l'ont paignoit en arroy
Sur toutes bestes de telle habitude

Aiant ung roy de plus grand magnitude
Hobeissant, le suivant rond de pommes,
Des aultres mouches le suit la multitude
Faisant ainsi comme au roys font les hommes.

Comment Ilz signifiaient le roy dominant une partie du monde

Le roy qui n'est du tout en tout seigneur
Mais en partie du régne dominant
Signifier voulant font le greigneur
Du serpent métré tout le corps du devant
Par ce serpent le roy signifiant
Mais quant ilz veulent par la moytié comprendre
Comme il n'est pas empereur tout tenent
Fors la moytié cella nous donne entendre.

Comment Ilz signifiaient le victorieux de toutz

Signifier voulant par droict sentier
Le roy de toutz seigneur victorieux
Ilz faisoient paingdre un serpent entier
Parfaict, intègre, en lieu espatieulx,
L'esprit aussi, lequel en plusieurs lieux

S'eslargissant qui nostre âme circunde
Prenent plaisir en lieux délicieux
Soy dilatant en plusieurs pars du monde.

Comment Ilz signifiaient le foullon ou nectoyant

Quant ilz vouloient descripre le foullon
Ilz faisoient paingdre'par une équale somme
Signifier et métré tout du long
Les deux piedz mis dens l'eau égaulx de l'homme
Nous dénoutant d'une semblance comme
Faicte à la vraye figure de Mercure
Quand trine Isis qu'à eux faict sonne
En nectoyant Egipte par paincture.

Comment ilz signifiaient ung homme ravisseur ou fécond ou furieux

Fécond sens sens, félon ou furieux
Signifier voulant ou insensé
Ou nous voulant escripre ravisseur
Le crocodille paignoient assensé
Comme animal fertile et esconsé

De jour en l'eau, de nuict à la rapine,
Si de sa proye ne se voit compensé
Sa feureur mesmes contre soy extermine.

Comment ilz signifiaient l'orient

Signifier voulant l'orient beau
C'est à savoir quant le soleil se lesve
Les deux hieulx paignent luisant comme ung flam-
Du crocodille tout ainsi qu'il se liève [beau
Si fort ilz luysent qu'ont les voit d'une lieue
Par quoy descripvent par note l'orient,
Son esplendeur est tant luysante et griefve
Que rien au monde vif, ne plus reluisant.

Comment Ilz signifiaient l'occident

Quant ilz vouloient à la secrète tourbe
Signifier du soleil l'occident
Ung crocodille paignoient quant il se courbe
Ou encline les hieulx bas regardant
Cest animal est rond, ses oeufs rendent
Contre le ventre aiant plié sa cueue
Ses petitz faict, les hieulx bas intendent,
Et quant enfante, enfante promiscue

Comment Ilz adumbrent les ténèbres
ou les déclairent

Et en voulant démonstrer les ténèbres
Venoient la cueue sculpter en noble chasse
Du crocodille quant sort de ses latèbres
Nul animal ne tue qu'il ne chasse
Et de sa cueue il le bat, il le lasse
Car en la cueue a sa force et puissance
Et d'aultres signes a plusieurs de nuysance
Quant par rapine l'animal à mort livre
E c'est assés d'advoir faict démonstrance
Et doit suffire de présent pour ce livre.

FIN DU PREMIER LIVRE DE ORUS APOLLO FILZ DE OZIRIS, ROY DE EGIPTE. DES NOTES HIEROGLYPHIQUES DES AEGIPTIENS MIS EN RITHME PAR EPIGRAMMES PAR M. MICHEL NOSTRADAMUS SCELON UNG TRES ANCIEN EXEMPLAIRE GREC DES DRUIDES.

CEULX QUE S'ENSUIVENT A LA FIN DE CE PREMIER LIVRE SONT TRADUICTES DU VIEULX EXEMPLAYRE (GESTE NOTE NE SE TROUVE INSEREE A L'IMPRESSION DE ALDE PARQUOY ELLE EST NOTEE PAR GESTE FAÇON COMME SUIT QUE VAULT AULTANT A DIRE COMME BASTARDE: NOTHE).

Comment Ilz signifioient le moys

Signifier voulant le moys trentier
Ils venoient paingdre le soleil et la lune
Et au dessoubz vingt et hui-t jours entier
Par équinocce et heure oportune
Deux jours après que ne se voit aulcune
Façon de lune pour la proximité
Du soleil proche et puys quant l'abandonne
In pleno orbe par sa longinquité.

 

Comment ilî signifiaient le roy ennemy des bons et amy des flateurs, prinse note à l'exemplayre vieulx

Nous démonstrer voulant le ravisseur
Ou roy tyran de son peuple ennemy
Seulement qu'ayme flateurs et importent
Tenent ouvert l'huys comme à son amy
Record de ce ilz faisoient paingdre en my
Aiant la gueulle ouverte près du ventre
Du crocodille et trochillus qui entre
A tout son bec lui oustant les sangsues
Mais crocodille par plésance consue
Vient hors chasser l'oyseau qui mis i rentre
Sens mal luy fère de ses dens si crochues.

Comme le ravisseur prins par sa guette, prins à l'exemplayre ancien

Le ravisseur qui par sa convoitise
Luy mesmes vient dens les lacz se suprendre
Nouter voulant quant par sa gourmandise
Le crocodille et le pourceau font paingdre
Le crocodille pour bien le subit prendre

Ht le chasseur du Nil près du rivaige
Vient ung pourceau batre fort au passaige
Le crocodille quant oye le pore qui crye
A une peau de porc de crocz remplie
Et toute plaine de divers ameçons
Le crocodille à dévorer s'emplie
Tant quant le prend par diverses façons.

Comment ilz, signifioient l'homme qui est blessé par sa colère

Quant ilz vouloient la colère adustive,
Quant par malice l'homme se vient blesser
Ilz faisoient paingdre par très belle invective
Deux hérons près de l'eau mis à chasser
Si l'ung poisson en prend et le laisser
L'aultre n'a père qui est près du rivaige
Par grand despit il se blesse, il enrraige,
D'ung oicel voyant l'aultre voslant au ciel
Ont dict aussi qu'oyseau de tel plumaige
II a pour vray dedens son corps neufz fielz.

 

LE SECOND LIVRE DE ORUS APOLLO FILZ DE OZIRIS ROY D'EGlPTE. DES NOTES HIEROGLYPHIQUES MIS EN RITHME PAR EPIGRAMMES.

 

ORUS PARLE

En ce second traicté je te feray
Voir ce qu'aulx aultres n'a esté expliqué
Et par raison ici je adjouxteray
Se que jamais ont n'a sceu topique,
J'ay par bon droit ici dens appliqué
Se que jamais ne feut par exemplaire
Que des druides livre feut compliqué
Qu'en le lisant il te viendroit moult playre.

Quelle chose voulaient ilî signifier quant ilz escripv oient une estoylle

 

En escripvant 1'estoylle aulcune foys
Venoit noter de dieu signifiance
Ou bien la nuict démonstroit aultre foys
Aussi du temps pourtoit certifiance
De l'âme aussi quelque foys asseurance,
Mesmement l'âme qu'estoit de l'homme masie
Venoit nouter en leur sacrée science
Parfoy noutée d'armoyrie royalle

Que vouloient ik signifier par les piedz
de l'homme pareilz et firmes l'onf-ilz ensemble

Les piedz de l'homme esgaulx, firmes et droictz
Signifier nous font temps hyvernal
Du clayr soleil son cours faict à l'endroit
Du capricorne tropique hyémal.

Que signifloit le cueur de l'homme pendu ait gosier

Le cueur de l'homme qu'est au gosier pendu
Que vouloient-ilz pour cella démonstrer
Estoit ung signe par secret entendu
Voulant la bouche d'homme de bien monstrer
Quant le meschant veult son cas acoustrer
Faict bon semblant tenant caché son cueur
Pencent à mal pour les aultres frustrer
Qui est ung signe d'un dissimulateur.

Que signifiait le membre de l'homme couvert et serré de la main

Le viril membre compressé de la main
Que dénoutoit telle signifiance
Cella n'estoit par eulx descript en vain
Mais bien de l'homme démonstroit la trenpance

La main qui serre le membre sens nuysance
Et dens la main comprins et descouvert
Signifioit la juste tempérence
De l'homme saige modéré et couvert.

Comment Ilz signifiaient maladie

Quant ilz vouloient démonstrer maladie
Ilz faisoient paingdre la fleur pernicieuse
Du blanc pavot ou du noir quoy qu'ont die
Qui tient couleur aux incogneus paoureuse
Le blanc l'a presque toute cadavéreuse
L'héraclien trop jaunastre en couleur,
Le rouge ung peu se monstre sanguineuse
Et toutz les quatre ne monstrent que douleur.

Comment Ilz signifiaient les entrailles de l'homme ou le illéon ou le convolvule

Voulant descripre les entrailles de l'homme
Ou bien l'estat ou composition
Des intestins gresles tout ainsi comme
Sont mis ici par situation
Du doz l'espine faisoient ostention
Paignoient ou bien les vertèbres de trasse
Car là a faict spermatique action
Ou la semence par là de l'homme passe.

Comment ilz signifiaient firmitude et sécurité

Que dénoutoient-ilz par l'oz de la cailhe
Quant il estoit lors de l'oyseau extraict
Painot et gravé en pouphire ou en terilhe
La firmitude signifioit ce traict
Sécurité aussi par ce pourtraict
Car de tel beste l'oz facil ne soy blesse
Ne s'haltérer soy vient par coup de traict
Par quoy la ferme seureté cy s'adresse.

Comment Ilz signifiaient concorde

Quant ilz vouloient signifier concorde
Ilz faisoient paingdre par juste équalité
Deux divers hommes de magistrat par ordre
Vesteuz en habit tout deux de dignité
Car le symbole de magnanimité
Se figurait par deux de faict louable
En afermant leur faict de vérité
Que par deux est concorde insupérable.

Comment ilz signifiaient turbot ion ou trouble

Par homme armé tirant flèche à l'arq
Signifioient par lors turbation
Miz pour ung signe adsés subtil et parq
Dénolilant troubles par conturbation
Peut par Egipte subtille invention
L'homme tendent son arq la flèche mise
Qu'estoit du sang grande commotion
Qu'il dénoutoit lors troublée l'entreprinse.

Comment ils signifiaient commensuration

Nous voulant fayre signification
Secret, voulant nous démonstrer mesure,
Le doig de l'homme commensuration
Estoit notté par indice et pareure
Ceulx qui vouloient fayre ample ouverture
Du long et large monstrant dimension
El du profond estoit la conjecture
Par doigt trassé en playne ostention.

Comment Ilz escripvoient la femmej lancée ou promise

Signifier voulant tout en partie
La fiancée, femme ou bien promise
Ilz faisoient paingdre estoille my-partie
Et le soleil my-parti par tel mise
Le corps solayre et l'astre qu'on advise
Venoit monstrer demie conjunotion
Et telle note par Epaphus feut mise
Prétendent fayre du feu extinction.

Comment Ilz signifiaient le vent

L'aigle eslevée tendent vers Orient
Signifioit le vent par leur notice
Ou aultrement les esles extendent
L'aygl. hault en l'air des ventz estoit auspice
Vers le soleil levant estoit indice
Et en my l'aer les esles extendues
Cella noutoit les ventz par just indice
Et dens les sacrés notes estoit tendues.

Comment Ilz signifiaient le feu

Et quant ilz veulent signifier le feu
Au ciel montant descripvent la fumée
Par sacrifice faict en tranquille lieu
Droict assendant la flamme consumée
Car feu ne peult par lors fayre alumée
Car par lors faict sa vapeur esmouvoir
Et quant la flamme ce voit fort enflammée
Par lors le feu facil ont peut bien voir.

 

Comment ilz paignoient l'oevre

Et en voulant nous signifier l'oevre
Venoient à paingdre ici de beste masie
La corne dextre en secrète pareure
Qui dénoutoit l'oevre bonne ou maie
La corne estoit paincte dens une salle
Et située en la partie dextre
Que dénoutoit l'oevre' belle ou sale
Ainsi que paincte ici la voyés estre.

Comment Ilz signifiaient ultion ou vengence

En nous voulant signifier la peyne
Ou nous voulant démonstrer la vengence
Ilz faisoient paingdre comme chose non vaine
D'une fumelle la corne à sa semblance
Que nous estoit secrète cognoissance
Mise par eulx aux lieux sacrés et sainctz
Que par vindicte labeur en leur science
Mise estoit note par instrument très sainct.

Comment Ilz signifioient le meschunt
et pervers

Quant ilz nous veulent descripre le meschant
Et le pervers ilz nous font démonstrance
Jusques au nonbril ilz paignoient sur ung champ
Demie figure d'ung homme d'arrogance
Tenent en main une espée sanglante
Et toute nue comme d'inimitié
Visaige hydeux et face truculente
Qui dénoutoit perverse maulvaistié.

Comment ilz signifioient le printemps

Pour démonstrer qu'ont met pour le printemps
Soubdain qu'on voit quant premier il s'entasme
Cheval de fluve sourtant du Nil estant
ilz font descripre au vif l'hipopotame.

Comment ilz signifioient aversion ou dectournement

Signifier voulant destournement
Que nous disons estre d'aversion
Ung loup ou chien dénoutoit amplement

Qu'ont faisoit paingdre par telle intention
Aulcungs estoient d'une aultre invention
Paignant le lièvre en l'unde chien ou loup
II pourroit estre la contrayre action
Car on soy tourne par chien ou lièvre à coup.

Comment Ilz signifiaient longtemps ou vivre longuement

Quant ilz vouloiemt signifier longtemps
Ilz faisoient paingdre le cerf qui germiner
Ung chascung an ses cornes au printemps
Que repululent qu'ont les voit géminer
Quant est au terme pour ce déterminer
Les renouvelle ainsi chascune année
Monstrant Macrobe long yver cheminer
Qu'estoit à eulx note non contempnée.

Comment Ilz signifiaient meurtre ou sang

La mouche guespe voilant du crocodille
Le sang nuysant il venoit dénouter
Par celle beste qu'a mal fayre est habille
Par sang ou meurtre ilz venoient noter

Là où la guespe vollant vient pernocter
Faict aparoir estre le sang nuysible
Du crocodille ou monstre anouter
Mise par sang ou de mort infalible.

Comment ilz descripvoient l'oeuvre faicte ou future

Quant des deux temps présent ou advenir
Secret vouloyent nous démonstrer l'ouvraige
Presque parfaict comment par souvenir
Ou quant veult fayre demonstré ce passaige
Ilz faisoient paingdre dessoubz umbre ramaige
Et aparoir d'homme masie l'oreilhe
Par document présent, futur et saige
Qu'en faisant l'oeuvre l'esprit d'ouyr i veilhe.

Comment Ilz démonsfroient lu mort

Et quant ilz veullent signifier la mort
Font la chevêche métré au vif en paincture
Quant la nuict entre, lors de son trou s'ensort
Et assailhir les petits nidz procure
Des oysilhons faisant leur nourriture

Aussi la mort quant nous vient assailhir
Communément sur la nuict s'adventure
Lors que nous faict du corps l'âme saillir.

Comment Ilz signifioient amour

Voulant amour socier nous fayre voir
Par démonstrance et note difficile
II nous faisoient ung licol aparoir
Mis en paincture par forme bien subtille
Par fain égéne amour n'est pas facile
A supérer quant aux lacez est prins,
C'estoit ung signe aulx sacrementz utile
Mesmes à ceulx qu'estoient d'amour surprins.

Comment Ilz signifioient une chose très ancienne

Signifiant chose très ancienne
Faisoient descripre fouillez et oraisons
Et livres cioz scelés à l'ancienne
De très antique note donnant raison
Dedens lesquelz ont trouvé à foyson
Plusieurs, divers et extranges notables

Du très antique signe que nous faisons
Ici nouter par notes véritables.

Comment Ilz signifiaient obsidion ou ville assiégée

Signifier voulant obsidion
D'une cité ou siège devand mis
Contre les murs par oppugnation
Paingdre une échelle par eulx est commis
L'égiptien qui tel signe advoit mis
Pour dénouter ville, tour ou cité
Estre assiégée l'eschelle ont advoit mis
Sinon pour cause de son activité.

Comment Ilz signifiaient le rude ou Muse ou Parcque qu'est la déesse fatale

Signifiant rude. Muse ou Parcque
Faisoient sept letres à deux doigtz joinctz gravés
Pour l'ignorant on faisoit ceste marque
Pour Parcque ou Muse ont faisoit engraver
Mais plusieurs veulent ce texte dépraver
Metant la nuict où il doibt advoir muse

Ont ne scavoit ceste note laver
S'il fault qu'à nuict ou à Muse ont s'amuse.

Que signifiaient ligne sus ligne mise sus l'aultre à travers

Que dénoutoit à eulx la plaine ligne
Où à travers une aultre ligne estoit
Signifioit aux sacrés letres digne
Dix plaines lignes comment ont bien démonstroit
Au romain siècle tel note ont a construit
Que par Egipte à eux font translatée
Qu'encor s'observe ainsi comme ont monstroit
Comme voies en hault lieu exaltée.

Que vouloient-ilî signifier par l'arondelle

Grand patrimoyne laissé aux enfans chers
Voulant monstrer ilz paignoient l'arondelle.
Quant elle voit près la mort aproucher
Dedens la boue vient à plonger son esie
Puis tout le corps alors et renouvelle
A ces petitz latèbres aprestant
Que d'héritaige est pourtraicture belle
Que vient le père laissé à ses enfantz

 

Que signifier la columhe noire

La femme vefve par signe perentoyre
Et parmanante ainsi jusques à la mort
Par lors font paingdre une columbe noire
Pour démonstrer signe constant et tort
A tel oyseau nature le remort
Qu'après la mort du masie ne faict feste
De sa compaigne ung dueil la pique et mort
Jusques à la fin ainsi vivant seulete.

Que signifioit par euix Ichneunion

Signifier voulant l'homme débille
Qui du secours d'aultruy a bien besoing
Licneumon paignent seul défendre inhabille
Que quant il voit le serpent près d'ung coing
Comme ennemy l'assailhir ne a soing
Mais bien apelle d'aultres de son espèce
Ainsi est ferme par secours et de loing
Vient le serpent assailhir e le pièce.

 

Que voulffienf-ilz signifier par l'herbe appellée Origanus

Quant des formis vouloient la défailhance
Signifier par note non tempnée
Ilz faisoient paigndre à sa vive semblance
Une herbe qu'est origanus noumée
Car les formys fuyent où est semée
Ceste herbe là et en passent bien loing
Quant de formis point n'estoit cette année
L'origan paingdre par euix estoit besoing.

Que vouloient-ilz signifier par le crocodille et l'escorpion

Quant l'ennemy d'ennemy assailhi
Signifier paignent l'escorpion
Et crocodille sens nullement failhir
Car l'ung à l'aultre de mort faict lésion
Celuy qu'a faict de mort invasion
Comment aiant vaincqu son ennemy
Le crocodille et scorpion en my
Paignent celuy qui plus subitement
Le crocodille subit et tard mort mis
L'escorpion car s'esmeult lentement.

 

Que vouloient-ilz. signifier par moustelle dicte bellète

Signifier voulant la femme hommace
Guières à l'homme ou bien peu discrépante
Ilz faisoient paingdre par notable préface
Une moustelle qu'ont voit ici patente
Car ceste beste de l'endroit d'où elle hante
Génératif le membre tout conforme
D'ung petit oz de naturelle tente
Aiant la marque du masie faict en forme.

Que vouloient-ilî signifier par le pourceau

Et quant ilz veullent l'homme pernicieulx
Nous démonstrer par leur signifiance
Venoient paingdre le pourceau furieux
Pourtraict au vif a toute sa semblance
Fort daumageable est telle aparance,
L'homme aussi est dangereux et maulvais
Comme ung pourceau au dedens de la pance
Et ses parties du dedens encor mais.

 

Comment ilz. signifiaient ire immense ou désmesurée

Signifier voulant immense ire
Tant qu'en soit l'homme de fièvre concité
Le lyon font et léonceaulx descripre
Qui de sa cueue ses petitz est cité
Les flageler par courroux incité
Le lyon est pour l'yre et les batutz
Mis léonceaulx, car telz oz irriter
Rendent le feu quant sont entrebatutz.

Comment ilz signifiaient l'hommevieulx musicien

Quant l'homme vieulx musitien ilz veulent
Signifier un peu ocultement
Le cigne paignent le mieulx naif qu'il peuvent
Que quant vient vieulx chante souafvement
En sa vieillesse beaucoup plus doulcement
Qu'estoit ung signe jadis à eulx antique
Que l'homme vieulx qui prend esbatement
A l'harmonie et aprend la musique.

 

Comment Ilz vouloyent démonstrer l'homme aiant à fayre aveq sa femme

Et l'homme que a avec sa femme affayre
Quant veulent fayre la démonstration
Les deux corneilles en paincture font fère
Que comment l'homme font sotiation,
L'homme par lors qu'a procuration
Vient à vacquer avenues son expouse
Et la corneilhe faict ainsi l'action
Comme faict l'homme quant sus femme réponse.

Que vouloient-ilz. signifier pour les escarbot ou canthare aveugle

L'homme qu'advoit par hardeur du soleil
Sa valétude recouvert et ataincte
Et par ce mesme de mort avoit sommeil
Signiûer quant veulent telle faincte
La forme noyre de l'escabot est paincte
Et aveuglés nous paignent sens failhir
Quant des rayons du soleil est ateincte
Et aveuglée soubdain vient défaillir.

 

Que vouloient-ilz signifier pur la mulle

Signifier voulant femme stérille
Métré en painoture la mulle ont s'aplique
Comme brehaigne et de fruict infertille
Pour ce qu'elle a la matrice oblique.

Comment Ilz signifioient la femme que n'enfante une fille

La femme qu'a enfanté une fille
Par lors paignoient ung taureau regardant
Au cousté gauche vigoureux et habille
Ou si au droit il estoit intendant
D'ung enfant masie il estoit entendent
Car le taureau s'il descend à senestre
Une fumelle pour vray ont verra estre
Et s'a la droicte ont le voit qu'il descende
Masie sera s'il regarde à la dextre
L'ont croit vray estre qu'il fault qu'il i contende.

Comment Ilz signifiaient les guespes

Voulant aussi signifier les guespes
Ilz venoient paingdre le corps d'ung cheval mort
Par tel charoigne s'engendrent mouches vespes

Comme les mouches à miel du taureau mort
La grosse guespe qui picque et que mord
Procède aussi de telle puanteur
Qui par la cueue encor pique plus fort
Que aussi s'engendrent d'une mesme féteur

Comment ilî signifiaient une femme que a avorté ou enfanté devant temps

Signifier femme que a avorté
Ou enfanté son enfant devand terme
Une jument preigne et en rond voulté
Faisoient paingdre que son pied droit aferme
Dessus le loup qu'en est quasi afferme
Ou quelle marche où le loup vient passer
Soubdain vient fayre son poulain devand terme
Encor que peu le loup viegne presser.

Comment Ilz signifiaient l'homme qui se guérit soy mesmes par la responce des oracles

En après l'homme qui se guérit soy mesme
Par la responce d'aulcung divin oracle
Paignent la pye que par naturel esme

Le laurier porte au bec comme miracle,
N'est pas cessi ung accorbe expeotacle
Quant est malade le rameau vert s'avance
Subit pourter dedens son habitacle
Et par ces fueilhes recoy convalescence.

Comment Ilz signifiaient abondance de mouchailles ou cosins

Signifier voulant force mouchaille
Que sur la nuict au bas aer vont bruyant
Après solstice estival paignent en tailhe
Des vers de terre par ces culex nuysans
Quant la nuict entre ces mouches vont bruisant
Esguillonnant par subite morsure
Lors que la terre ces vers va produisant
Ces cousins vienent de telle pourriture.

Comment Ilz signifiaient l'homme qui naturelement n'a de soy colère, mais esmeu par aultruy

Dénoutant l'homme qui de soy n'a colère
Mais par aultruy se voit estre esmeue
Signifier voulant font paingdre et fayre

Une colombe bien paincte en plaine veue
La cueue en hault aiant fort extendue
Pour ce qu'elle a aux parties dernières
Fiel et colère que plusieurs là l'ont veue
Monstrant de l'homme la colère extrangière.

Comment Ilz sigiïifioient l'homme habitant seurement en la cité

L'homme qui faict seurement sa demeure
En la cité où il vient habiter
Signifier voulant cella pour l'heure
L'aygle font paingdre que vient en l'air pourter
Avec ses ungles ung caillou suporter
Et là très bien dedens son nid l'enferme
Que par le pois puisse estre conforté
Et qu'il demeure plus asseuré et ferme.

Comment Ilz signifiaient l'homme débile poursuivi par aultruy

Signifier voulant l'homme débille
Fuyant suyvi par aultruy plus puissant
Ilz venoient paingdre par tel homme imbécille

Ung beau cheval hardi et fleurissant
L'oyseau otide aussi qui s'esforceant
De s'envoller ou par mont ou par val
Qu'a s'enfouyr bien subit se conscent
Soubdain qu'il voit prez ou loing le cheval.

Comment Ilz signifioient l'homme recourant à son propre seigneur et patron et n'est secoureu de luy

L'homme fuyant à son seigneur et maisire
Comme à son propre patron et protecteur
N'est secouru de luy, voulant ce estre
Signifier paignent de l'oyseleur
Le passeron chassé fuyant volleur
Et la chevêche pour ce si l'on pourchasse
Le moyneau prendre s'en va vers son malheur
Car là où va dernor plus ont le chasse.

Comment l'homme débille toutes foys fuiant

Quant ilz vouloient dénouter l'homme foyble
Mais non obstant à s'enfouyr il tasche
D'en eschaper encores qu'il s'affoyble
La souris chaulve paignoient qu'au jour se cache

Encor que n'aye de plumes nulle tache
S'a la chasser quelqu'ung contreprésume
Ses bras extendre pour fouyr et deslaiche
Et vient voiler sens penne et sens plume.

Comment Ilz signifioient une femme allaictant et bien nourrissant

(Semble ce texte estre dépravé par toutz
les exemplaires.)

Signifiant femme bien alaictant
Ou nous voulant monstre bonne nourrice
La tourterelle paingdre estoient content
Car d'allaicter obtient bon bénéfice
Sur toutz oyseaulx est seule et propice
A bien nourir sur toutes les femelles
D'allaictant bien de femme faict office
Car sur toutz aultres obtient dend et mamelles.

 

Sic legendum arbitror:

Je pense qu'il fault lire comme s'ensuit scelon l'exemplaire vieulx escript de main et ne faillii-es de la insérer ici.

Quant ilz vouloient signifier la femme
Qui son enfant allaicte tendrement
Et de son laict vient substanter son âme

Qu'elle a produiot de son enfantement,
Le nourrissant ainsi soigneusement,
La souris chaulve paignent de main fabrique
Sur toutz qui voilent alaicte doulcement
Et à descendre par lesquelz mort et pique.

Comment Ilz signifiaient l'homme soy-déleclant aulx (lances et sons de instrument!.

L'homme qu'à jeux et saulx prenoit plaisir
Soy délectant aux sons des instruments
Signifier voulant font de loysir
Tailler et paingdre par vifz acoustrementz
La tourterelle sole a ses détriments
Soy laissant prendre au son de la musique
Quant aux sonneurs met son entendement
Lors à la prendre l'oyseleur fin s'aplique.

Comment Ilz signifioieni l'homme mystique

Une cygalle ilz venoient fayre paingdre
Pour ce que rend son roulou armonique
Par les espaules et par le ventre rendre
Car par sa bouche sa voix ne faiot ateindre

Par deux lunetes au ventre sa voix sonne
Quant la fervente chaleur faiot sa voix faingdre
Rend une voix au son de l'aer consonne.

Comment ilz signifiaient le roy solilayre qui n'a miséricorde des erreurs

Quant ilz vouloient pour le roy solitayre
Qui des erreurs nullement n'a pitié
Ne pardonnant à nul crisme contrayre
N'aulx malfaiteurs ne pourtant amytié
Signifier voulant paignent entier
L'aigle qui faict son nid bien loing des caulx
En lieu désert, solitayres a quartiers
Voulant plus hault ausi qu'autres oyseaulx.

Comment ih signifiaient la diuturne instauration

Car quant il naist la restauration
De toutes choses se renouvellent et se taignent
Purs en ceste sorte de naistre ilz le faignent
Que quant son temps de mourir es veneu
De hault en bas contre terre ont a veu
Précipiter faisant de sang blessure

Qu'un aultre Phénix du sang est devenu
En s'engendrent ung aultre tout à l'heure.

Que faict le Phénix après sa naiscance

Que quant les plumes au corps luy font pareure
Et son venues, s'en va avec sa mère
Dedens Egipte parer la sépulture
En la cité du soleil la faict fayre
Quant le soleil à lever s'accélère,
Lors vient mourir par mort assés subite
Le nouveau Phénix se retourne en son gitte
Là d'où estoit veneu premièrement
La mère lors par les prestres d'Egipte
Est enterrée fort sollennelement.

Comment Ilz signifioient amateur de parents

Et l'enfant qui est du père amateur
Pourtant amour aux parens cordiale
Signifier voulant sont inventeurs
Bien paingdre exprès la cigoigne loyale
Pour ce que pourte au père amour féale,
Ne l'abandonne par froit, ne par pouvresse

Lui pourchassant vivre par sort équalle,
Le secourant à l'extresme vieillesse.

Comment Ilz sigmfioient la famé qui hait son mari mortelement

Et quant ilz veullent secrètement monstrer
Femme que haist secret d'haisne mortelle
Le sien maryt ocult faict préparer
Le voulant fayre mourir de mort cruelle
Lors qu'il le flate d'amours faulce et rebelle
Luy démonstrant faulx signe d'amitié
Font la vippère paingdre que la moytié
Dedens la gueulle de la femelle elle entre
Par le milieu la trenche sens pitié
Lorsque le sperme la touche au fonds du ventre.

 

Confirmation du dire par Nicander aux Thériaches — Ne sis in trivUs (De ne pas se trouver aux carrefours):

Garde toy bien te trouver au passaige
Quant par chaleur se conjoinct la vippère
Que vient fouyr par naturel usaige
Quant la fumelle au masie aler propose,
Le masie entrer dedens trop s'accélère
Au jeu d'amours, la teste luy trenchant,
Puys les petits vengent la mort du père
Du cousté sortent, le ventre luy arraschant.

 

Comment Ilz signifiaient les enfants pourchassant insidies à leur mère

Quant les enfantz pourchaissent vitupère
Par insidies pour à leur mère nuysre
Signifier voulant font la vippère
Paingdre et tracer comme ont voit ici luyre
Elle ne faict pas ses petitz conduyre
Par le conduict naturel enfantant
Mays quant le terme d'enfanter vient produyre
Ses petitz ronpent le ventre, hors sortent.

Comment Ilz signifioient ung homme leudangé d'acusations et oultraige.i et oprimé et languissant

L'homme fasché de injures et oultraiges
Et moulesté par accusations
Et languissant fasché de faulz langaiges
Signifier voulant telz actions
Ilz faisoient paingdre par telz vexations
Le basilisque qui des hieulx s'esvertue
Aux serpens proches donner extinction
Car par son siflé les aultres serpens tue.

 

Comment Ilz signifioient un homme bruslé au feu

L'homme au feu bruslé donnant entendre
Signifier voulant en forme nête
Font paingdre au vif la froisde salalamandre
Pour ce que bruslé aveques ses deux testes
Les deux parties extresmes font tempestes
Pour ce que prend au feu sa nourriture
Sens feu ne peult vivre ne fayre feste
Ne soy corromp, ni ne prend pourriture.

Comment Ilz signifioient l'homme aveugle

Signifier en voulant l'homme aveugle
Paignent la taulpe comme beste sens hieulx,
Sens hieulx elle est, nature ainsi l'aveugle
Rien plus aveugle nature ne fist mieulx
Le clair soleil ne voy, ne feu, ne cieulx,
Soy délectant en telle cécité
Dessoubz la terre rien ne présente mieulx
Prenent plaisir à telle obscurité.

 

Comment Ilz signifiaient l'homme par sa maison soy contenent

Soy contenent dehors de sa maison
Signifier quant lors ilz veulent l'homme,
La formys paignent par subtile raison
Aveques 1'aisle vespertille du summe
Car si les esles trouvées en quelque forme
Dens la formys le nid ou rien du ventre
La formis plus dedens ne s'i consoume
Ne plus jamais dedens son nid ne entre.

Comment ilz, signifiaient l'homme qui à soy mesmes donne daumaige

L'homme à soy mesmes qui se donne daumaige
Par lors qu'ils veulent ce faict ung peu caischer
Le Bièvre paignent custos assés mal saige
Quant vient aux dendz ses couillons arraischer
Quant les veneurs le vienent pourchasser
Ses génitifz extirpe à ung moument
Dénoutant l'homme qui ses mains vient lascher
Donner daumaige par son consentiment.

 

Comment Ilz signifiaient le père qui oulfre son gré a laisé son héritaige à son enfant

Le père qu'a laissé à son enfant
Qu'il haïssait trestout son héritaige
Signifier voulant paignent suyvant
Ung petit singe sa mère a ung passaige
Deux elle en faiot et l'ung comme par rayge
Le vient aymer, l'aultre le tient en haisne
Et celuy qu'ayme en sa gorge le meyne
Lequel et tue l'aultre qui vient après
Qui luy demeure pas à pas se pourmeyne
Qu'elle est constraincte de la nourir de près.

Comment ilz. signifiaient l'homme qui cache son deshonneur

L'homme qui vient ses défaultz et ses faultes
Secret cacher faisant la cause oculte
Signifier voulant telz notes haultes
Paignent le singe animal bien inculte
Quant vient à rendre son urine d'insulte
Après que l'a pissant toute rendue
La vient couvrir tant que la rend sépulte
Honte aiant que à quelqung ne soit veue.

 

Comment Ilz signifioient l'homme de condition aiguë et subtile

Nous voulant fère qu'il feult signifiant
Par l'homme que a subtille audition
Aigu et clair et bien subit oyant
Paignent la chièvre par ample ostention
Car seulement n'a respiration
Par les oreilles, par naseaux et gosier
Mais a aussi d'ouyr attention
Par quelque part subtille du gosier.

Comment Ilz signifiaient l'homme instable

Signifier voulant l'homme instable
N'en ung estât mesmes ne permanent
Mais une foys et fort et imbécille
Puys est audax et craintif maintenant
Quant ilz nous veullent démonstrer vivement
Et comparer par démonstrance belle
Car et soy faict puis mas-le, puis femelle.

 

Comment Ilz signifiaient le supérieur vaincu par l'inférieur

Signifier quant le supérieur
Veulent quant est vainqu et surmonté
Comme qu'il soit par son inférieur
Paignent deux peaulx pour au vray le compter
L'une d'hyène sens point soy mescompter,
L'aultre de pard car ces peaulx mise ensemble
Celle du pand son poil vient délaisser
Celle d'hyène le perdre ne luy semble.

Comment ilz signifiaient l'homme qui a vaincu son ennemi

Et l'homme qu'a son ennemy vaincu
L'hyène paignen.t à la dextre advertie
Et quant ilz veulent démonstrer le vaincu
Paignent en la gauche l'hyène convertie
Si à la dextre soy met vers la partie
Quant l'ennemy le poursuit tout extrême
Vient l'ennemy tuer inadvertie
Et si à la gauche et se tue elle mesmes.

 

Comment Ilz signifioienf l'homme qui intrépidement suporle les difficultés qu'on luy envoyé

L'homme souffrant grandes difficultés
Sens peur ne crainste et intrépidement
Jusques à la mort venant, les facultés
Signifier par telz empêchementz
Paignent d'hyène la peau patentement
Car si quelqung s'en scaint ou sus l'a mise
Autour de luy ne oraingdra une brise
Ou bien que soit entour de son corps saincte
Ses ennemys n'auront sur luy main mise
Et passera contre eulx, hardi, sans craincte.

Comment Ilz signifiaient l'homme qui prévient contre son ennemy

Prevenent l'homme contre ses ennemis
Soy délivrant d'eulx à peu de daumaige
Signifier voulant ont a commis
Bien paingdre un loup pourtraict au vif imaige
Aiant coupé de sa cueue par raisge
Le bout, pour ce cognoiscent se dissipe

Quant le veneur à chasser l'anticippe
Lors il s'arrasche le poil de playne veue
Et de roysdeur avec ses dendz forcipe
(le poursuivant) et le bout de sa cueue.

Comment Ilz signifiaient l'homme creignent périlz ocultement

L'homme craignent périlz ocultement
Signifier voulant font le loup métré
Avec des piarres paingdre font doctement
Car loup ne crainct coup de fer ne d'hastre estre
Blesse pour rien par aulcung coup senestre
Ne coup d'espée luisant sus sa parsonne
Mais bien de piarre si quelqung coup luy donne
Et qu'il reçoyfve de coup quelque blessure
De ce péril se faict la preuve bonne
C'est par tel coup les vers s'engendrent à l'heure.

Comment Ilz signifiaient l'homme chastié par feu

L'homme qu'au feu a esté chastié
Et en voulant ce cas mesmes aparoir
Quant par cela voulant signifier

Le lyon paignent comme ici pouvez voir
Avec aidantes torches, c'est assavoir
Car rien au monde le lyon ne crainct tant
Ne rien le peult mieux dompter au debvoir
Comment le feu ou le flanbeau ardent.

Comment Ilz signifiaient l'homme malade qui se guérist soy-mesmes

L'homme malade guérissent soy mesmes
Quant ilz nous veulent pour cela démonstrer
Le lyon paignent qui prend de soy cest esme
Qui vient le cynge tout entier dévorer
Si par fortune il vient fébriciter
Par ce moyen vient en convalescence
Nature saige le vient soliciter
Qu'à soy guérir luy mesmes a la science.

Comment Ilz signifiaient l'homme chastié par sa dernière calamité

Quant ilz vouloient par notes incogneues
Chastié l'homme par ses calamités
Signifier que luy sont survenues
Dernièrement par grande adversités
Le taureau paignent par telz diversités

Et estaché à ung figuier saulvaige
Là plus à brayre le taureau ne faict raige
Ou s'ont le lie d'une branche possible
Sa fureur brave s'exempte de damnaige
Et soy vient rendre doux, humain et paisible .

Comment Ilz signifioient l'homme de dubieuse tempérance

Signifier en voulant par l'homme estre
De instabile et dubie tempérance
Ung taureau paignent lié du genoil dextre
Et là attasché comme ont faict démonstrance
Si là ont le lie rendra hobeissance
Ou par la joincte lié se voit deceu
Plus d'estre brave ne vigueur ne a le sceu
Mais modéré à le prendre ont se tasche
Car de atrépance le taureau est receu
Ne s'acouplant jamais plus à la vache.

Comment Ilz signifioient l'homme qui a perdu ses chièvres et brebis par mort

Signifier voulant quant a perdu
L'homme ses chièvres, ses brebis et ouvailles
Que sont péries comme il a entendeu,

Ces besles paignent ensemble d'une tailhe,
L'herbe conize à paingdre n'i font failhe
Car si en mengent de vray comme ont reçoy
Détaillent toutes aulx champs sens foing ne paille
Extainctes meurent espuisés de grand soif.

Comment ilz, signifiaient l'homme mangeant

Signifier voulant l'homme mangeant,
Venoient à paingdre en la bouche ouverte
Le crocodille dedens le Nil nageant,
Le corps dens l'eau, la teste découverte
Tout à l'entour de sa gueulle aperte
De toutz cousté les sangsues pendentes
Peu luy faschant, de sang lui faisant perte
A la chair rouge de sa gueulle adhérentes.

Comment Ilz signifioient l'homme rapax et pigre

Signifier voulant l'homme rapace
Et pigre aussi paignent le crocodille
Dessus sa teste de assès largeur capace,
De la cigoigne la plume sus mobille

Si nie toucher tu veulx bien estre habille
Avec la plume le touchant que bien peu,
Tu le rendras impotent, immobille
Et sens force estre ne vigueur sera veu.

Comment Ilz signifiaient la femme que jamais n'enfanta que une foys

Et quant ilz veulent nous fayre aparoir
Femme qu'a peu en tout temps de sa vie
Tant seulement une foys concepvoir
Ung seul enfant par le cours de sa vie
Font la lyone paingdre en place invie
Car une foys tant seulement enfante
Nature plus à ce ne la convie
Et par nature de ce bien soy contente.

Comment Ilz signifiaient l'homme nai difforme à sa naissance

Premièrement l'homme qu'est nai diforme
Qu'après ung temps a sa beaulté attaincte
Signifier voulant font métré en forme
Et très bien paingdre au vif une ourse ençaincte

De sang et chair faict une pièce faincte
La digérant en transformation
La vient lescher, la rendent vive et paincte
Que avec la langue luy rend perfection.

Comment Ilz signifiaient l'homme fort et indagateur des choses utiles

Ung homme fort en voulant dénouter,
Indagateur de choses à soy utiles,
Ung héléphant ilz faisoient nouter
Comme constant aux chose très utiles
Son prouviseau a conduyre a facile
Moyenent ce il sent à son debvoir,
II en faict tout tant soit-il difficile,
II prend et garde tout se qu'il peult advoir.

Comment ilz signifiaient le roy foiant foulie et insipiance

Le roy qui vient fouyr insipience
Signifier voulant font le mouton
Et le cerf paingdre, chascung à leur semblance
Dens ung tableau les deux descripre font,

Le cerf soubdain à fouyr se morfond
Quant le mouton il voit de loing ou près.
Roy que foulie fouyr est prest et pronpt
Mouton et cerf venoient nouter exprès.

Comment ilz signifioient le roy que fouyt le mocqueur

Le roy ausi qui fouyt le mocqueur
Ou l'homme plain de toute moucquerie
Par lors qu'il vient hoyr ses foulx resveurs.
Si signifier voulant tel resverie
L'héléphant paignent et le pourceau qui crie
Car l'héléphant à coup qu'il vient ouyr
Du porc la voix avec sa crierie
II prend la course et soubdain s'enfouyr.

Comment Ilz signifioient l'homme fort légier à courir et sens cause fuyunt

Signifier voulant l'homme hastif,
Légier en course qu'à courir s'accélère
Subit fuyant sens aulcung cas motif
Paignent le cerf aveques la vippère,

Le cerf subit à fouyr s'apropère
Soubdain qu'il voit la vippère de loing
Le serpent mal à fayre ne s'ingère
Et le cerf fuit quant il n'est pas besoing

Comment Ilz signifioient l'homme ennemy de sa sépulture

Et l'homme aussi qui de sa sépulture
Signifier voulant curieux estre,
Le cerf font paingdre qui de ses piedz procure
Fayre une fosse en quelque lieu terrestre
Métent ses dentz comment pouvés cognoistre
Que sont tombées par naturel ouvraige,
Puys les couvrant aveques son pied dextre
En sépulture cessi rend l'homme saige.

Comment Ilz signifiaient l'homme qui aurait vescu son juste eage

L'homme qu'auroit acomply son droit eage
Et qu'a vescu jusques au terme parfaict
Signifier nous voulant ce passaige,
Une corneille font métré en vif pourtraict

Car elle vit cent ans de bien long traict,
Cessi vray estre ilz feurent consentons,
L'égiptien an estoit de par tel trait
Qu'il contenoit par lors quatre cens ans.

Comment Ilz signifioient l'homme qui
vient à oculter sa malice

L'homme qui vient par cachetés couvrir
Secret tenent par sa malice oculte
Signifiant amplement font ouvrir
Paignent le pard qu'à daguer faict insulte
Aulx aultres bestes les pourchasse et résulte
Ne leur monstrant pas sa légiéreté
Ne permetent que sa pernicité
Leur soit cogneue quant les chasse et les suit
Que ne soy gardeur de sa vérasité
Quant par son past les assaultz il poursuit.

Comment Ilz signifioient l'homme déçeu par adulation

Par flaterie ou adulation
Signifier voulant l'homme déçeu
Paignoient le cerf en sa perfection

Et le joueur de fleustes par bon sceu
Car quant le cerf aux oreilhes a conceu
Et à ouyr le doulx chant il conprend
Hoblie d'estre aulx silvestres receu
Lors par la douice armonye ont le prend.

Comment ilz signifioient recognoiscence de l'abondante vendenge

Signifier voulant la cognoiscence
De la future vendenge par présaige
Que doibt du vin estre par abondance
Paignent la huppe, oyseau aux champs vollaige
Car si elle chante avand le bourjounaige
Vient présaiger par augure divin
Aulx vignes fruict ung bien grand advantaige
Et abondante provision de vin.

Comment ilz. signifioient l'homme à qui le past de raisins ont faict mal

Signifier voulant l'homme grève
Pour advoir trop mangé à son repas
Grains de raisins tant qu'il en soit grave

Et que luy mesmes se cure sur ce pas
Paignent la huppe par forme et par conpas
Et adiantus, herbe des lieux umbreuse
Car quant soy sent du raisin trop fascheuse
Ceste herbe prend, dens son bec la vient métré,
Par ce moyen se trouve mieulx joyeuse
Et sa santé dens son corps vient remetre.

Annotation sur la susdite note

Amy lecteur à l'exemplayre de main escript en vieu,
de adyantus, ilz en escrip amiantus par quoy jc pense
le texte estre dépravé, par quoy me semble qu'il lui
doibt advoir comme s'ensuit affin que rien ne soit
obmis.

sic legendum arbitrer
(je pense qu'il faut lire comme suit:)

Celuy qu'auroit trop de raisins mengé
Que par le past en eusse lésion
Ou qu'il en feusse son estoumach chargé
Et qu'il trouvasse de soy invention
A soy curer faisoient ostention,
Paignant la huppe avec l'inextinguible
Sec amyanthus par remèdes duysibles
Tant qu'il en met quelque peu dens sa pance

La past des grains qui luy estoient nuisibles
Par amiantus recoy convalescence.

Comment Ilz signifioient l'homme soy contre-gardant des insidies de ses ennemys

L'homme qui scaict bien soy contre-garder
Des insidies que font ses ennemys,
Quant cella veullent par paincture racourder
La veillant grue à paingdre ont a commis
Comme l'oyseau vigilant là est mis
Car sur la nuict les grues se réveillent,
L'une faict guet et l'aultre va dourmir,
L'une parfoys, puis dord, puys faict la veilhe.

Comment Ilz signifioient pédication ou abhomination contre nature

Signifier voulant les bougrerie
L'admission de la noble semence
Contre nature d'Orphée sodomie
Deux perdrix masies paignoient par aparance
Quant la fumelle plus tost mourir s'advance

Oïl le faulcon en ses gryphes les amble,
Lors les deux masies par faulte de plaisance
Au faict d'amours se couplent tout ensemble.

Comment Ilz signifioient le vieillard qui est mort de faim

L'homme vieillard par long temps que est escheu,
Lequel est mort et extainct de famine
Signifier voulant un bec forcheu
Font paingdre l'aigle par un notable signe
Car quant viellesse par ans passés l'assigne,
Son bec se vient si très fort incurver
La curvature si très fort l'extermine
Que de fain meurt lors que ne peult manger.

Comment l'homme qui par artifice renouvelle ses délices, prins par l'exemplayre de main escript

L'homme qui vient renouveler son temps
Et reverdir par engin sa jeunesse
L'aigle font paingdre que son bec va frétant
Et l'atérer à dur rochier ne cesse

Tant que consoumé par l'aspère ludesse
Son bec réduict par plusieurs ans beccu
Car ainsi vient deschasser sa vieillesse
Et vient à vivre aultant qu'elle a vescue.

Comment Ilz signifiaient l'homme sens repoz et yracond esmeu

Signifier voulant l'homme iracond
Et sens repos mesmes à son manger
Vieux esmeu que à ce faict soy morfond
Et sa parsonne par yre vient ronger
Faisoient paingdre par cause de dangier
Une corneille en l'air hault s'extollant
Et ses petits commencent vollaiger,
Leur ministrant leur past hault en voilant.

Comment Ilz signifiaient l'homme scuvant et docte aux choses célestes

Le scavant homme signifier voulant
A qui les choses célestes sont cognues
Paignent la grue bien hault en l'aer voilant
Pour ce que voit et vient toucher les nues

Car pour mieulx estre en repoz maintenues
El qu'en tempeste ne soient nullement
Si hault fort vollent que l'on les perd de veue
Pour mieulx voller en repoz seurement.

Comment Ilz signifiaient l'homme aliènent ses propres enfans par pourefé

L'homme constrainct d'une pouvre indigence
Ses enfantz propres qu'à liéver il vient
Et qui les vend que par signifiance
La preignent aygle paignent, car elle vient
Fayre troys oeufz et ung elle en détient,
Ung en eslit, les aultres met en pièces
Car faict cela du temps qu'elle despièce
Et vien changer, ses ongles permutant,
Par quoy ne peult nourrir dens une presse
Les troys ayglons dedens ung mesme temps.

Comment Ilz signifiaient l'homme tardif en mouvant ses piedz

Signifier voulant l'homme tardif
Ses piedz mouvant poisant en mouvement,
Ung chameau paingdre ilz sont estres motifz

Pour ce qu'il a contrayre pliement
Ses jambes plie assès bien sottement
Courbe les cuysses par noudz circunvoludz
Entre les aultres bestes a courbement
Et pour ce est il appelle cammerus.

Comment Ilz signifioienf ung homme exhonlé de subtile veue

L'homme impudent et de subtille veue
Paignent la rane voulant signifier
Car ceste beste n'a sang que soit en veue
Fors seulement aulx hieux perficier
Car ceulx qu'aux hieux ont voit sang naturel
Pourtent de advoir de impudence la troingne,
Parquoy Homère oeil du chien faict soubz ciel
Et cueur de cerf estoit signe d'hyvroigne.

Comment Ilz signifiaient l'homme qui ne se peult mouvoir

L'homme qu'auroit demeuré longuement
Sens soy bouger ne aiant le pouvoir
Puis il auroit receu le mouvement

Et de ses piedz recouvré le mouvoir,
Signifier voulant paignent au debvoir
Une grenoille avec les piedz derrière
Car naist sens piedz antérieurement
Qu'avec le temps croyssent avand arrière.

Comment Ilz signifiaient l'homme ennemy de toutz

L'homme ennemy de toutz hommes vivant
Signifier voulant paignent l'anguille
Car elle vit séparée souvent
Et non sens cause aulx aulstres est inulille
Elle soy mesie tant au gros que au ville
Dévourant tout, jamais ont n'apercent
De sa naiscance, mais tousjours est habille
Tout dévourer comme bien ont a sceu.

Commen Ilz signifiaient l'homme qui avait préservé plusieurs en mer

Signifier voulant paignent la nacre
L'homme gardant plusieurs gens en la mer
Comme noutée d'antique simulachre

Celuy qu'auroit préservé de la mer
Quant ce poysson voit les aultres pasmer
Et lassés estre, nouer plus ne pouvant
La nacre est preste soubdain les enbasnier
Leur donnant aysde, de mort les préservant.

Comment Ilz signifiaient l'homme qui utiles et inutiles aurait mal consumé

L'homme qu'auroit meschamment consumé
Aultant utilles aussi bien que inutiles
Signifier voulant font résumé
Paingdre le poulpre par note très utile
Car ce poisson est beauioup sale et ville,
Manger beaucoup intempéréement
Dedens sa cave il amasse amplement
Beaucoup de viandes dessoubz ses piedz subjete
Quant vient les propres à vivre consumant,
Puys tout le reste inutile il gecte.

Nouter que la cave ne caverne qu'il dict du poulpre, sa cave est sa pance car le poulpre n'est pas ainsi comme il est painct car le poulpre n'a aulcune joinclure ne oz et sa parsone ormis huict piedz comme la seiche et a chascung pied et deux centz bouches comme une sangsue et au devand de sa gorge a une grande pance ouverte là ou il met la viande qu'il chasseaveques ses piedz et les piedz finissent vers la leste soy réduisant en forme de soleil corne l'aesie du souris chaulve si elle estait rond et pour vray le polhipe est ainsi et tout le corps corne ung crapauld plus long et ne vilguières d'aultres viandes que de escrevices et de langoustes car tout incontinent que les langoustes aproche près du pollpre elle meurt incontinent de pour et les poissonniers de nostre mer ici ne meslent jamais le poulpre aveques les langostes car les langoustes mouraient incontinent, je ne scay pas si le polipe de la mer occidentale sont semblables à ceulx de nostre mer méditerrané et cella j'ay veu souvent, et suffise ïoy lecteur et imprimeur de cessi, car la noie que se suit est faulce.

Comment Ilz signifiaient l'homme aiant seigneurie sur ceul de sa nation

Signifiant l'homme qu'a seigneurie
Seigneuriant ceulx de sa nation
Ilz faisoient paingdre par telle armoyrie
Une langouste par combination
Avec ung poulpre signification
Nous demonstrant telz effectz par consors
Que la langouste a plus forte action
Contre le poulpre par premier et plus fors

 

Le contraire estre en le texte dépravé, car le poulpre est supérieur au lagoust.

Signifiant par l'homme qui a pouvoir
Et qui domine à ceulx de son pays
llz faisoient paingdre ung poulpre à son debvoir
Et la langouste par ung contrayre advis
Le poulpre vient surmonter vis à vis
Les escrevisses et langoustes de mer
Le poulpre vient la lagoust consumer
Ou si ont les prend toutz deux d'une venue
Le lagoust vient par peur de mort pasmer
Voyant le poulpre simplement de sa veue.

Comment ilî signifioient l'homme conjoinct à sa famé

Signifiant l'homme joinct à la femme
Conjoinct au temps de la jeunesse prime
L'on tient pour vray d'une constante famé
Qu'ilz faisoient paingdre de paincture sublime
Plusieurs coquilles de mer que l'on imprime
D'aultres coquilles plaines ou bien ouvées
D'elles en sortent engendrées et formées
Et puis après par forme sensuelle
D'elles en sont produictes et couvées
En s'assenblant par amour mutuelle.

 

Comment Ilz signifioient l'homme qui n'a aulcune cure de soy

L'homme qui n'a nullement de soy cure
Mais des prochains pense bien, propice est,
Signifier voulant telle paincture
Paignoient la huystre de mer et l'escrevice,
Se tient le cancer à l'huystre par office
Tant qu'ont le noume de l'huystre le custode
Quant l'huystre a fain s'ouvrir en telle mode
Que si quelqung petit poysson i entre
Lors l'escrevice lui vient picquer le centre,
Lors l'huystre aprinse par tel mode et façons
Admonnestée vient à fermer son ventre
Et par tel mode vient chasser les poyssons.

Comment Ilz signifioient l'homme qui vomit la viande qu'il a dévoré

L'homme qui vient à vomiter la viande
Qu'il a mangée sens ordre ne mesure
Et que a manger encor prend et demande,
Signifier voulant telle paincture
Paignent ung chat d'eau comme mellanuse

Ou muscipule par la bouche enfantant
Ses chatonneaulx puys en nageant à l'hese
Les engloutist et dévore content.

Comment Ilz signifiaient l'homme qui se conjoinct et a affayre aveques aliénigènes et extrangiers

L'homme qui vient soy mesler et se joingdre
Aux extrangiers marchant en leur domayne
Signifier voulant faisoient paingdre
Le plus au vif qu'ont pouvoit la mourène
Pour ce que sort de mer et se pourmayne
A la vipère en s'acouplant tout beau
Au faict d'amour en terre se démaine
S'en retournant puis après dedens l'eau.

Comment Ilz signifioient l'homme puny par meurtre

L'homme puny par meurtre à luy commis
Signifier voulant la tourterelle
Ont faisoit paingdre prinse comme ont a mis
Par le lacet ou par le bout de 1'aesle

Quant se voit prinse et s'arrasche ce qu'elle
Incontinent et de prime venue
C'est une espine bien prèz de la mouelle
Qu'est contenue tout au bout de la cueue.

Comment Ilz signifioient l'homme qui mange infepeérément et prodigalement le bien d'aultrui

Signifiant l'homme qui a despendu
Et qu'a mangé fort prodigalement
Le bien d'aultrui qu'il n'avoit contendeu
Et puys le sien plus démesurément
Voulant monstrer bien évidentement
Paignent le poulpre quand a de viande faulte
Ses hieulx héneulx mange voracement
Et puis au reste de son corps manger saulte.

Comment ilz, signifioient l'homme désyrant belles choses

Signifier voulant par oeuvre saige
Des belles choses l'homme qui est apétant
Et par ceste cause il en choit en daumaige
Paignoient la seiche poysson en lieu patent
Car à courir est poysson impotent

Que s'il cognoit que l'on la veulhe prendre
Celle humeur noire vient gecté hors de son ventre
Ainsi chassée les pescheurs bien atrappe
Et plus profond dens le gravier s'en entre
Par l'eau troublée par ainsi elle eschape.

Comment Ilz signifiaient l'homme adonné à luxure libidineuse

Signifiant l'homme luxurieux
Le passereau paignoient domestique
Pour ce qu'il est au faict délicieux
Fort abondant en saulse spermatique
Car esmeu d'yre et colère lubrique
Ainsi vexé par sa grande abondance
Sept foys par heure au faict d'amour s'aplique
Par chasque foys rendent force semence.

Comment Ilz signifiaient l'homme servant une mesme teneur de vie

L'homme servant une mesme tenent
Ung mesmes estât une façon de vivre
En une sorte tenent, entretenent,
Signifier voulant tel cas ensuivre
Ilz faisoient paingdre l'harpe que vient poursuyvre

Ung bouborn mesmes au faict de la musique,
Le son des cordes continuel vient suyvre
Equal rendent son chant doulx armonique.

Comment Ilz sigruffoient l'homme aliéné de son sens et puis est retourné à son sens naturel

L'homme qu'estoit desens aliéné
Et retourné à sa bonne mémoyre
Puys est de vie bien conditioné
Signifier voulant tel cas à croyre
La fleuste paignent comme vray monitoire,
Réduisant l'homme à son sens et acord
Car ung tel son les rend estre record
De ce qu'a faict, mal estant dispousé,
Et de son faict passé en a remord
Pour ce qu'elle a le son bien compousé.

Comment Ilz signifiaient l'homme gourmand et goulu

Signifier voulant le gourmand homme
Paignoient l'escarus poisson de mer unique
A ruminer en forme de beuf comun

Les aultres pencent qu'il soit à sa pratique
Mais cependent qu'à mascher il s'aplique
Et ses machoyres bransler faict entendre
Toutz les poyssons qu'il peult, il prend et picque
En dévorant aultant qu'il en peult prendre.

Comment Ilz signifiaient l'homme qui rend et distribue à ung chascung égallement ce qui lui uparfient. Il n'i fault que la plume.

Signifiant l'homme qui distribue
Égallement à ung chascung son droict
Ilz faisoient paingdre par doctrine imbue
D'ung blanc austruce la plume a tout enduit
Pour ce qu'il a les plumes que l'on voit
Par tout égalles si rien l'ont n'a ouste
Car tel oyseau comme bien l'on cognoist
Les pennes a pareilhe à toutz coustés.

Comment Ilz signifiaient l'homme laborieux

Signifiant l'homme laborieux
Qui voulentier de ses mains fort travailhe
Paingdre et trasser ilz estoient curieulx

La main de l'homme par esculpté taille
Car par la main ce faict ont ne faict faille
Et par la main ce faict toute besoigne
L'ont parachève l'on bastit et l'on taille
Par le labeur la main advoit le soigne.

 

FIN DES NOTES HIEROGLYPHIQUES DE ORUS APOLLO NILIACQUE DE AEGIPTE MISES EN RITHME PAR EPIGRAMMES, ŒUVRE DE ADMIRABLE CONSIDERATION ET ESMERVELLABLE LITERATURE TRADUICT PAR MICHEL NOSTRADAMUS DE SAINCT REMY EN PROVENCE.

AULTRES ADJOUXTEZ PAR LE TRANSLATEUR

Que signifie la petite aygle

Signifier voulant celuy qu'engendre
Des enfans masies, le cercle ou la -semence
De l'homme humain ilz faisoient condescendre
Paingdre l'aiglète en secrète aparance
Donnant entendre en leur docte science
Toute semence aérée ou aquatique
Le cercle aussi pour la circumférence
Et par le grain semence spermatique.

Comment ilî signifiaient la porte ou l'ouverture de la guerre

Voulant escripre la porte ou l'ouverture
Ou bien la bouche de la guerre esmeue
Metoient de l'homme les deux mains en paincture

Dont l'une estoit des mains hault extendue
Ung arc bendé tenent en ample veue,
La droicte estoit sus les armes posée
Monstrant indice par aisne survenue
Et que la guerre presque estoit composée.

Comment Ilz signifiaient la vie future

Signifier voulant mutation
Des dorés siècles par u'ng futur présaige
Des monnarchies par transmutation
Le dénoutant par ung document saige
Et l'empire estre au supresme advantage
Et non durable, ni stabille, ni ferme,
Ilz faisoient paingdre comme ung chascung aferme
Deux lignes mises en perpendiculayre
Comme de Taph indice si conforme
Que présaigoit ung grand divin mistère.

Comment signifioient les deux vertus principales d'ung roy

Les deux vertus principales d'un roy
Signifier voulant paignent ung sceptre,
Ung ouil dessus pousé en bel arroy

Comme ung indice de ses nobles ancestres
Ung roy humain dominateur doibt estre
Par l'oieil le prince qui tout soit regardant
De toutz aymé estre homme docte en letres
De mal son peuple en le contregardant.

Comment Ilz signifioient le roy

Signifiant le roy tel que doibt estre
Ilz faisoient paingdre une mousche à miel
Le roy qui doibt advoir dextre et senestre
Le doulx à l'une, à l'autre aiant le fiel
De vray tel roy est envoyé du ciel
Qui vient aulx bons user de sa pollice
L'esguilhon est par cas potenciel
Quant les maulvais faict piquer par justice.

Comment Ilz signifiaient mort ou fin de l'homme

Signifiant la mort ou fin de l'homme
Ilz faisoient paingdre du fil une fuzée
Et du filet le bout rompeu tout comme
Si séparé estoit par divisée
De la quenoille (du fil) indivisée

Par les trois soeurs toute la vie humaine
Le quenoille est par alors mis en plaine
Lachesis file qui puys le vient corrompre
La vie de l'homme par adventure vayne
Atropos vient qui le filet fait rompre.

Comment Ilz signifiaient la vie

Signifier voulant la vie humaine
Ilz faisoient paingdre une lampe ardente
Tant que le sang est dans du coeur la veyne
L'âme est au corps en vie permanante
L'huyie estoit l'âme donnant vie nourrissante,
Humeur à l'âme comme à l'os la moueslle,
L'âme rien n'est que chaleur naturelle
Par les athômes d'aquosité entière
L'âme s'extainct par la froydeur cruelle
Privant le corps de veue et de lumière.

Comment Ilz signifiaient labeur

Quant ilz vouloyent signifier labeur
D'ung beuf la teste ilz metoient en imaige
Qu'estoit de chair desnuée par langueur

Pour ce qu'au beuf se faict tout labouraigc
De chair privée car gens de travaillaige
Le plus souvent ne sont pas trop aleigres
Le grand labeur qu'ilz ont par leur mesnaige
Les constrainctz estre par le labeur fort maisgres.

Comment ilz signifiaient Dieu

Signifier voulant Dieu tout puissant
Ilz faisoient paingdre ung oeil hault eslevé
Pour ce qu'il est de veue transperceant
Voit et regarde quant il est sublevé
Dieu est sur toutz les haulz astres levé
Qui considère et toutes chouses voit
Rien de son oieil ne peult estre clavé
Car, près ou loing, il nous entend et oyd.

Comment ilz appelloient les dieux infernaulx qu'ilz appelloient manes D. M.

Quant ilz vouloient leurs grand dieux infernaulx
Signifier, paignoient ung visaige
Sens hieulx ne forme par dessus paingst égaulx
Deux hyeulx à part comme ont voit à l'ymaige,

Par les deux hieulx on notoit d'ung bien saige
Les dieux entendre par mesmes document
Et par la face sens hieulx estoit passaige
Qu'on le faisoit graver aux testementz.

fin DU MANUSCRIT DE Michel Nostradamus


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